Vendre
de la République Dominicaine à 700 euros,
de la Tunisie à 180, nous applaudissons des 2 mains,
mais ce prix ne doit pas être obtenu en programmant
des hôtels poubelles et en servant des repas que même
les Restos du Cœur n'oseraient pas proposer à
ceux qu'ils secourent.
Le marché du tourisme est protéiforme,
il y a du tourisme de niche, du tourisme thématique,
du tourisme culturel, du tourisme balnéaire. Son
développement auquel nous sommes attachés
au titre de client-consommateur nécessite des offres
diversifiées pour le rendre accessible à tous
les publics et à tous les budgets.
Tout le monde ne peut pas faire quotidiennement
ses courses chez Fauchon, Hédiard ou Dalloyau. C'est
bien pourquoi il existe sur le même créneau
une large gamme d'enseignes alimentaires.
Mais que les produits soient diffusés
par ces épiceries de luxe, ou des supérettes,
des supermarchés, des "hard
discounters", ils ont, indépendamment
de leurs qualités gustatives respectives et de leurs
prix de vente différents, un même dénominateur
commun.
Tous sont respectueux des décrets,
règlements et lois qui régissent ce type de
commerce : étiquetage, date de péremption,
hygiène, chaîne du froid...
C'est une contrainte aussi bien pour Fauchon,
Hédiard, que pour G20, Franprix, Carrefour ou Lidl,
mais cette contrainte est la règle du jeu pour exercer
cette profession. Ces enseignes doivent s'y soumettre ou
se démettre, et il en est de même pour les
autres secteurs d'activités dont le tourisme.
L'industriel qui assemble des produits
bruts pour en faire un produit fini a pour obligation que
les ingrédients qui figurent sur l'étiquette
correspondent au contenu et si ce n'est pas le cas il y
a publicité mensongère et fraude.
Le voyages à forfait qui est un
assemblage de prestations à les mêmes devoirs
de transparence et de loyauté que les autres secteurs
d'activités.
Le saumon fumé vendu par Kaspia,
Petrossian n'a rien à voir avec le saumon élevé,
fumé et tranché industriellement que proposent
en promo la grande distribution ou les "hard
discounters" mais c'est du vrai saumon et non
pas de la truite saumonée sous le prétexte
fallacieux de prix au ras des pâquerettes.
Rien n'interdit un restaurateur pour réduire
les coûts de main d'œuvre de faire de la cuisine
d'assemblage, de proposer de la charcuterie et de la pâtisserie
industrielles, par contre il ne peut prétendre qu'il
s'agit de produits maison.
Le bas prix, n'est pas un argument pour
excuser les dérives constatées de certains
voyagistes. C'est d'autant moins un argument acceptable
que la demande bien comprise du marché n'est pas
un prix bas mais un prix compétitif, ce qui est tout
autre chose.
Les clients-consommateurs sont suffisamment
avisés pour ne pas prétendre bénéficier
des prestations du Ritz au prix d'une Formule 1 ; mais s'ils
achètent un 3 étoiles fut-il local ils sont
en droit d'être insatisfaits si celui-ci offre une
hygiène et un confort inférieur à celui
d'une Formule 1.
Vendre un allotement dans la partie non
rénovée d'un hôtel ne pose pas en soit
de problème, dès lors où cela est clairement
spécifié au souscripteur.
Si le prix d'appel compense la nuisance,
nul besoin de faire la danse du ventre ou de parer l'offre
de superlatifs pour qu'elle rencontre son public.
Il y a deux manières d'en faire
état, la première brute de décoffrage
en indiquant que l'hébergement se fera obligatoirement
dans la partie non rénovée, la seconde plus
soft en signalant qu'une première tranche de l'hôtel
a été rénovée mais à
moins d'un supplément de x euros le professionnel
ne peut garantir au souscripteur que l'hébergement
se fera dans cette partie.
Malheureusement et c'est là où
le bât blesse, pour illustrer l'offre ce sont les
chambres rénovées qui seront présentées
alors que le client qui pensait en avoir la jouissance est "parqué"
dans une annexe qu'en comparaison il ne peut que trouver
insalubre.
Moins ils paient, plus ils réclament,
c'était la justification de M. Jean-Pascal Siméon
ex dirigeant de Switch/ Partirpascher et c'est encore celle
de ses émules. A les entendre c'est ça ou
le camping.
Non seulement c'est discourtois pour les
millions d'adeptes de l'hôtellerie de plein air, mais
de plus c'est un mauvais argument.
Acheter une promo, une marque d'enseigne
ou se fournir chez un "hard
discounter" n'implique pas l'achat de produits
de mauvaise qualité, immangeables ou pire avariés.
S'il en était autrement, le pas
cher est encore bien trop cher.
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