La Cour d'Appel de
Paris a confirmé dans l'affaire dite des otages
de Jolo le jugement rendu en 2006 par le Tribunal de Grande
Instance de Paris qui condamnait le TO spécialisé
dans la plongée sous marine Ultra Marina et son
garant les assurances Axa à verser plus d'un million
d'euros de dommages et intérêts à
trois ex-otages.
Dans son arrêt elle a rejeté
les demandes formulées par l'APS et le CETO qui
volontairement étaient intervenus dans la procédure
pour soutenir le Tour Operator et l'assureur.
Il est heureux aussi bien pour les clients consommateurs
que pour les agences de voyages, la majorité des
litiges recensés n'ont pas la gravité de
cette affaire. Extrapoler à partir de ce dossier
qui sort des normes un changement d'attitude radical des
Juges à l'encontre des professionnels du voyage
est quelque part jouer à se faire peur.
L'argument évoqué en son temps par MM.
Bernard Didelot président de l'APS, René
Marc Chikli président du Ceto et Jean-François
Rial président de Voyageur du Monde au cas où
le jugement rendu en 1ère instance était
confirmé, il constituerait une jurisprudence qui
empêcherait des professionnels d'exercer n'est pas
sérieuse.
Pour qu'une décision fasse jurisprudence il est
nécessaire que les affaires enrôlées
aient des similitudes suffisantes pour que les demandeurs
puissent raisonnablement évoquer le précédent
à leurs profits.
Contrairement aux arguments décalés des
instances dirigeantes et à leurs indécents
chantages à la délocalisation, "... Certains
agents de voyage et voyagistes envisagent aujourd’hui
de délocaliser le siège social de leur activité
dans un pays européen plus clément en matière
de responsabilité, conformément à
la lettre de la directive de 1990 ..." le débat
ne portait pas sur la responsabilité en général
des voyagistes en matière de protection des consommateurs,
mais celle en particulier d'Ultra Marina comme cela apparaît
à la lecture du jugement rendu en 1ère instance
:
"... la société Ultra Marina ... ne
peut utilement invoquer l'absence de toute mise en garde
concernant les séjours en Malaisie émanant
du ministère des Affaires Etrangères alors
même que celui-ci émettait le 14 avril 2000,
soit une semaine avant l'enlèvement, une fiche
déconseillant absolument tout déplacement
dans l'archipel des Sulu ..."
Elément aggravant :
"(au titre de) spécialiste de l'organisation
de séjours de plongée dans cette partie
du monde, (la société Ultra Marina) se devait
de connaître et d'évaluer exactement la dangerosité
de la situation qui y régnait ;
... il lui appartenait de prendre en considération
l'attrait financier que représentait pour les pirates
l'arrivée sur l'île de Sipadan de touristes
étrangers et le risque que ceux-ci encouraient
dans ces conditions que la seule présence sur ce
territoire de trois policiers pour en assurer la sécurité,
apparaît manifestement dérisoire, la prise
d'otages parfaitement et rapidement réussie dont
ont été victimes les demandeurs étant
la preuve la plus évidente ..."
Nous avons contacté Maitre Etienne Rosenthal l'avocat
des victimes. Au nom de l'associationsosvoyages.com nous
lui avons proposé de s'exprimer sur notre site,
malgré un emploi du temps chargé, il a bien
voulu prendre l'engagement de nous adresser courant février
une note sur le sujet. Nous reviendrons donc sur cette
affaire.