"Ma seule préoccupation,
ce sont les voyageurs. Je souhaite qu'aucun client ne
reste sur le carreau .... Il ne faut pas que l'image ...
de la profession, soit ternie".
La lecture des déclarations de M.
Yves Chaponic, fondateur de Monagence.com au magazine
l'Echo du Tourisme laisse pantois.
Si M. Yves Chaponic comme il l'affirme
avait eu le souci des intérêts des clients
consommateurs il aurait cessé les prises d'ordres
dès octobre 2008. Sans l'appui des banques et sans
fonds propres il était inévitable, tout
comme Switch / PartirpasCher, qu'il soit à plus
ou moins courte échéance contraint à
la cessation de paiement.
Au lieu de prendre cette sage décision
qui aurait évité de poser problème
aux 400 clients qui ont organisé leur emploi du
temps en fonction du voyage souscrit, M. Yves Chaponic
a pensé se refaire.
Il s'est accroché à
une table de jeu où il n'avait plus sa place et
a transformé une saison d'été pourri
en un hiver "cauchemardesque".
Le festin de l'e-tourisme auquel selon le Journal du
Net du 3/03/2006 il se conviait à travers Cycom
Group pour soutenir dixit "un
développement ambitieux sur Internet, via son site
Monagence.com ... introduction en bourse, augmentation
de capital, refonte du site, développement de services,
volonté de croissance externe" se solde
par un atterrissage brutal.
Bien sûr l'APS bonne fille mettra de nouveau la
main à la poche ou plus tôt dans celle de
ses adhérents.
360.000 euros divisés par 3.000, ne font que 120
euros par tête de pipe, une goutte d'eau par rapport
au carton de 9.000.000 euros laissés par M. Jean-Pascal
Siméon ex dirigeant de la société
Switch / PartirpasCher, mais une nouvelle goutte d'eau
qui inévitablement encoure à ternir l'image
de la profession aux yeux des clients consommateurs.
Si le souhait de M. Yves Chaponic "Il
ne faut pas que l'image ... de la profession, soit ternie"
est d'une rare inconscience, cette nouvelle défaillance
repose avec lancinance les mêmes questions.
Jusqu'à quand les 3.000 adhérents de l'APS
vont-ils prendre en charge les business plans foireux
de mégalomaniaques malchanceux ou affairistes et
jusqu'à quand cette association professionnelle
aura-t-elle la capacité financière de le
faire si la crise perdure ?
Comment se fait-il que dans les 2 cas, Switch et Monagence.com,
l'APS n'ait pas pu intervenir bien avant la cessation
de paiement ?
Comme elle ne l'a pas fait, doit-on en tirer comme conclusion
que l'APS ne dispose pas d'outils d'évaluation
et de contrôle qui le lui permettent ?
Si comme nous le craignons, c'est le cas, il est impératif
tant pour les clients consommateurs que pour les agents
de voyages membres ou non de l'APS, qu'il y soit mis bon
ordre dans les plus brefs délais.
Qui aura la charge de cette mission l'échéance
d'avril 2009 nous le dira, mais au delà de l'élection
d'un nouveau président de l'APS, ce qui nous importe
au titre d'association de défense des intérêts
des consommateurs c'est que les fonds confiés aux
professionnels du voyages soient garantis à 100%.
Face à la crise il nous semble urgent que soit
redéfinie la garantie voulue par le législateur.
Qu'au cas de défaillance d'un agent de voyages,
qu'il soit membre ou non de l'APS, les sommes confiées
soient débloquées dans les jours qui suivent
la déclaration de cessation de paiement afin de
permettre aux consommateurs de s'organiser et souscrire
au plus vite chez un autre voyagiste pour ne pas subir
le préjudice de vacances gâchées.