Alors que le "service après
voyage" est habitué à recevoir
de longues missives alternant le style bureau des pleurs
et menaces en l'air, votre réclamation par sa concision
va le surprendre et l'embarrasser. Trois possibilités
s'offrent à lui pour vous éconduire et vous
dissuader de faire valoir vos droits.
1- Gagner du temps :
C'est la stratégie préférée
de ceux qui accumulent les litiges. Ils spéculent
sur votre lassitude. En laissant trainer l'affaire durant
des semaines sinon des mois vous allez de vous même
ne pas donner de suite à vos revendications fussent-elles
légitimes.
Si le "service après
voyage" ne répond pas dans les 8 jours
à votre premier courrier, ne perdez pas votre temps
en démultipliant les appels téléphoniques
qui pour tout résultat feront exploser votre forfait.
Relancez-le par courrier avec A/R, qui non seulement a
un coût moindre que les appels surtaxés mais
est produisible en Justice.
S'il n'a pas répondu spontanément à
votre premier courrier, au reçu de votre relance
il va être contraint d'accusé réception
de celui-ci. S'il ne le faisait pas son manque de réaction
serait très mal perçu par le Juge appelé
à statuer sur le différend qui vous oppose
à l'enseigne.
Pour gagner du temps le "service
après voyage" vous informera qu'il
transmet votre réclamation au service compétant
qui ne manquera pas de vous contacter dans les plus brefs
délais.
N'attendez pas que ce prétendu service compétent
se manifeste, relancer de nouveau le "service
après voyage" en lui imposant un délai
de réponse. Signifiez lui que faute de respecter
le délai que vous lui fixez vous considérez
qu'il fait de mauvaise foi de la résistance et
que vous assignerez l'enseigne en Justice.
2- Nier tout en bloc :
Là aussi c'est un classique du genre. Le "service
après voyage" va arguer avoir au reçu
de votre réclamation fait une enquête poussée
et que les résultats de celle-ci infirme vos dires.
Partant du postulat que votre préjudice est réel
et non pas fantaisiste, ne vous laissez pas intimider
par un refus, en niant l'évidence votre interlocuteur
vous bluff, à vous de lui renvoyer la balle en
lui faisant comprendre qu'il a choisi une mauvaise stratégie.
Votre réponse peut se résumer de la sorte
:
Je conteste les conclusions de votre prétendue
enquête... Je vous prie de revoir votre position
concernant ma réclamation dont je vous rappelle
les termes (vous copiez /collez dans cette partie les
faits et arguments de votre premier courrier).
Faute d'une réponse favorable sous huitaine je
me verrais contraint de porter l'affaire en Justice.
Ne vous privez de le bluffer en faisant état d'une
manière allusive et imprécise à des
pièces en votre possession qui corroborent vos
dires et que vous produirez si votre différend
devait être soumis à l'appréciation
de la Justice.
Rassurez vous se disant vous ne mentez pas. Dans l'absolu
tout document que vous allez annexer à vos conclusions
sont des pièces. En prétendant qu'elles
vont corroborer vos dires vous émettez seulement
une appréciation sur leur valeur probatoire.
Si celle-ci reste à être confirmée
ou infirmée par MM. les Juges par contre vous déstabilisez
votre interlocuteur et l'obligez à revoir sa copie
au cas de doute sur ses propres arguments.
3- Botter en touche :
Au reçu de votre courrier le "service
après voyage" va vous répondre
qu'il est fortement surpris de votre réclamation
alors que les réactions des autre clients sont
positives. Mais compte tenu que la stratégie de
l'enseigne est la satisfaction des clients il va diligenter
une enquête et vous demande de justifier vos allégations
ou de les préciser.
Cette demande de renseignements complémentaires,
alors qu'il est sensé connaître parfaitement
la qualité des prestataires qu'il a choisi, démontre
que votre interlocuteur vous mène en bateau. Il
cherche d'une part à gagner du temps, d'autre part
à vous faire abattre votre jeu en espérant
y déceler une faille qui puisse lui être
profitable.
Votre réponse peut se résumer ainsi :
Votre réponse me surprend, le descriptif que je
vous aie fait parvenir en A/R en date du xx/xx/xxxx est
très clair quant aux dysfonctionnements que je
décris, pour mémoire :
(vous copiez /collez dans cette partie les faits et arguments
de votre premier courrier)
Selon le Code du tourisme et la Jurisprudence constante
votre responsabilité de plein droit est engagée.
J'ai chiffré mon préjudice à xxxx
euros, faute de réparation sous 8 jours, je me
verrais contraint de vous assigner...
Là encore ne vous privez de le bluffer en faisant
état d'une manière allusive et imprécise
à des pièces en votre possession qui corrobore
vos dires et que vous produirez si votre différend
devait être soumis à l'appréciation
de la Justice.
Au cas où il vous demande de produire lesdites
pièces, répondez lui de la façon
suivante :
En l'état je vous prie de me donner votre position
concernant la réclamation que je vous aie faite
le xx/xx/xxxx dont pour mémoire je vous en rappelle
les termes.
Faute d'une réponse qui me satisfasse je porterai
l'affaire en justice. Si nous sommes obligés d'en
venir à cette extrémité je ne manquerai
pas en ce cas comme il est de règle de vous transmettre
lesdites pièces directement ou par l'entremise
de votre Conseil pour que vous puissiez préparer
votre défense.
Dans les 3 cas de figures explorées qui font partie
du round d'observation, vous venez de prendre l'ascendant
psychologique sur votre interlocuteur. Il est convaincu
que vous connaissez les droits que la loi vous reconnaît
et que vous êtes déterminé à
les faire respecter.
C'est à lui de se positionner par rapport à
votre demande et ce dans les délais que vous lui
avez impartis et non l'inverse comme c'est malheureusement
majoritairement le cas lors de litiges.
Dernière recommandation, refusez toutes discussions
téléphoniques avec le personnel du "service
après voyage" et exigez que les propositions
qui pourraient vous êtes faites le soient par mail
ou courrier.
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