A supposer que
votre voyagiste ne génère que 5% de litiges
alors que certains vendeurs en ligne se situent dans la
fourchette des 20 à 30%, sur la base de 100.000
pax/an cela représente tout de même 5.000
dossiers. Une charge de travail qui nécessite un
service dédié à la gestion des réclamations
et des litiges plus communément nommé par
euphémisme "service après voyage".
Composé de
collaborateurs formés spécifiquement à
cette tâche, englobé dans le service clientèle
ou sous la houlette directe du service juridique, sa fonction
bien comprise n'est pas de veiller à la qualité
des prestations fournies comme le laissent entendre les
lettres type qu'il vous adressera, mais de gérer
les litiges au bénéfice exclusif de l'enseigne
qui l'emploie.
Cette dernière du reste provisionne
au bilan un poste à cet effet et il appartient
au responsable du service litige de rester dans l'enveloppe
budgetisé, faute de quoi il sera sanctionné.
Au reçu de votre mise en demeure votre réclamation
va suivre un process d'évaluation destiné
soit à vous éconduire purement et simplement,
soit à vous indemniser au minima.
Contrairement à ce qu'imagine bon nombre de clients
consommateurs, le critère retenu n'est pas votre
degré de mécontentement, l'assiduité
de vos appels, vos menaces de vous épandre dans
les forums pour faire de la contre publicité à
l'enseigne, mais le risque encouru
par celle-ci de se voir condamner si vous portiez l'affaire
en justice.
Les réclamations qui ne comportent pas ce risque
ou dont le risque est faible, préjudices mal définis
ou indémontrables tels que bruit, odeurs, qualité
des repas, manque d'hygiène etc... sont écartés
pour ne retenir que celles qui sont juridiquement incontestables.
Parmi ces réclamations un nouveau tri va être
opéré, ceux que le "service
après voyage" va faire "lanterner",
ceux à qui il va proposer une compensation symbolique
sous forme d'un geste commercial tel qu'un a-valoir sur
un prochain voyage, ceux qui seront partiellement remboursés
et ceux enfin qui seront remboursés et dédommagés
intégralement des préjudices subis.
Pour établir cette sélection le "service
après voyage" qui à ce stade
ne dispose que du courrier que vous venez de lui adresser,
va l'analyser sous toutes ses coutures pour
évaluer non pas votre préjudice mais votre
connaissance des droits que la loi vous reconnait et votre
détermination à les faire respecter.
Ce qui en clair veut dire qu'à préjudice
comparable les clients consommateurs sont dédommagés
différemment.
Pour éviter que ne s'ébruite ces traitements
des sinistres "à la
tête des clients", avant de débloquer
les sommes dues, le "service
après voyage" font signer aux préjudiciés
un document qui comporte une clause de confidentialité.
Juridiquement cette clause n'a pas de véritable
valeur mais par méconnaissance du droit elle dissuade
de nombreux clients consommateurs de rendre public l'accord
obtenu et permet ainsi aux enseignes de poursuivre leur
politique de traitement des réclamations au cas
par cas selon leur bon vouloir.
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