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L'expérience
de la vache folle, du sang contaminé, de l'hormone
de croissance, de la canicule, a traumatisé les politiques.
Nul d'entre eux n'a envie que lui soit reproché d'avoir
manqué de réaction face à une menace
mettant en cause la santé publique.
Même si en période
de crise économique la note est lourde, M. Roselyne
Bachelot n'en fait pas trop. Au cas de pandémie soyons
certains que dès les premiers décès
il y aurait de bonnes âmes qui trouveraient qu'elle
n'en a pas fait assez.
Au titre de Ministre de la
santé et qui plus est pharmacienne de formation,
elle est dans son rôle lorsqu'elle prend les précautions
les plus larges pour enrayer la grippe A en France et éviter
une contagion importée par les voyageurs originaires
ou ayant séjournés dans les pays déjà
touchés.
C'est du reste l'objectif
que poursuit la Loi du 21 juillet 2009 qui fait obligation
aux agences de voyages et compagnies aériennes d'apporter
leur contribution à la lutte contre la propagation
internationale des maladies :
"En cas de voyage
international, les exploitants de moyens de transport, d'infrastructures
de transport et d'agences de voyages sont tenus d'informer
leurs passagers ou leurs clients des risques pour la santé
publique constatés par les autorités sanitaires
dans les lieux de destination ou de transit. Ils les informent
également des recommandations à suivre et
des mesures sanitaires mises en place contre ces risques.
Art.L. 3115-2.-"
Les interventions dans la
presse professionnelle à l'encontre de cette Loi,
une auxiliaire de justice spécialisée y a
même affirmé qu'il s'agissai "typiquement
d'un texte politique opportuniste à vocation de rassurer
le consommateur tout en transférant aux professionnels
du tourisme une charge qui les dépasse" ainsi que les réflexions désobligeantes vis
à vis de M. Roselyne Bachelot démontre qu'une
large partie des 4.500 titulaires de la licence de voyagiste
vive dans un ghetto culturel qui ne leur permet pas d'évaluer
la situation d'une manière dépassionnée.
Dès lors où
les cinémas ne se sont pas vidés, ni les restaurants,
ni les transports en commun, ni les supers marchés
et que les parents n'ont pas déscolarisé massivement
leurs enfants, on ne peut utiliser le terme de "psychose",
par contre tout naturellement il y a méfiance.
La méfiance est double,
elle porte tant sur les risques d'être victime de
la grippe A que sur le comportement prévisible des
professionnels du voyage prompts à évoquer
la cause de force majeure en leur faveur pour s'exonérer
de dédommager les consommateurs mais à la
dénier lorsqu'elle est soulevée par ces derniers.
Voir les articles sur le cyclone
Dean et la récente grève
aux Antilles.
Comme la majorité
des assurances annulation/rapatriement ne couvrent pas
les cas d'épidémies ou de pandémies,
il en résulte qu'avant le départ le consommateur
se trouve dans l'impossibilité de faire jouer en
sa faveur le contrat souscrit et perd le montant de ses
arrhes et s'il est victime de la pandémie dans le
pays réceptif, il ne pourra compter sur l'assistance
de l'assureur qu'il s'agisse de soins ou de rapatriement.
Une situation qui en toute
logique les incite a être attentistes et ne pas souscrire
à des séjours à forfait ou vol sec
tant que les risques existent.
A vouloir bétonner
les clauses d'exclusions à leur avantage, les agents
de voyages et les compagnies d'assurances vont à
l'encontre de leurs intérêts, ils dissuadent
les clients de réserver comme en fait le constat
M. Laurent Magnin, Directeur général de XL
Airways :
"On ressent une
véritable crispation des ventes car les clients ont
peur de s'inscrire et de perdre leurs arrhes s'ils tombent
malades. Il n'y a pas à tergiverser. Il faut que
la profession prenne la décision courageuse de rembourser
les clients en cas d'annulation pour cause de grippe. Sinon,
la situation ne va pas se débloquer."
C'est aussi l'avis de M.
Colson président du SNAV "Nous
craignons que l'impossibilité de faire jouer un contrat
d'annulation avant le départ ou l'absence d'assistance
une fois à destination, ne dissuade les clients de
réserver un voyage."
La solution proposée
par Nouvelles Frontières d'une assurance spécifique
grippe venant s'ajouter à l'assurance annulation/rapatriement standard est insatisfaisante.
Alors que certains assureurs
intègrent déjà dans leur contrat le
risque d'épidémie, la logique voudrait que
l'ensemble des professionnels se cale sur les mieux disants
et n'essaie pas de tirer partie de cette épidémie
pour gratter 10 euros de plus sur le dos des consommateurs
tout en laissant à leur charge une franchise de 20%.
Nous fondons l'espoir que
M. Colson parviendra à faire passer le message à
ses adhérents qu'ils ne sont pas les mandataires
des tours operator, transporteurs ou assureurs, mais ceux
des clients qui leur accordent leur confiance et qu'à
ce titre ils doivent défendre leurs intérêts
en imposant si nécessaire aux tours operator et assureurs
un remboursement à 100%.
Toute demie mesure ira à
l'encontre des buts recherchés, redonner confiance
aux consommateurs échaudé par l'intransigeance
des voyagistes et des assureurs en matière d'annulation
sans frais.
danièle Larchevêque
présidente de l'association sos voyages
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