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L'intoxication alimentaire
subie récemment par près de 200 clients de
l'hôtel Garden Park à Djerba repose la question
de la responsabilité des producteurs et distributeurs
qui pour disposer d'un prix d'appel au ras des pâquerettes
acceptent de programmer ce type d'établissement hôtelier.
Certes les normes de classification
de certains pays réceptifs peuvent différer
de celles en vigueur dans la zone Europe mais cela n'impliquent
ni n'excusent les manquements graves à l'hygiène
en général et ceux alimentaires en particulier.
Fussent dans une formule
all inclusive qui il est vrai génère moins
de profit pour l'hébergeur/restaurateur les repas
servis, à défaut d'être goûteux
et variés, doivent au moins être mangeables
sans qu'ils compromettent la santé du consommateur.
Malgré une moyenne
de 1.000 repas/jour à préparer hors petit
déjeuner, les gestionnaires de l'hôtel Garden
Park semblent attacher plus d'importance au décor
des restaurants de l'établissement qu'à ses
cuisines et à la formation des personnels qui y travaillent
: non seulement il y a soupçon de recyclage de ce
qui n'a pas été consommé mais comme
ont pu le constater les clients, la chaine du froid n'est
absolument pas respectée.
Lorsqu'une quarantaine d'entre
eux ont fait pression sur la direction de l'hôtel
pour visiter les cuisines, ils ont été surpris
de remarquer que celle-ci était équipée
de plusieurs congélateurs mais ne disposait pas de
réfrigérateur en état de marche malgré
la température ambiante qui variait entre 35 et 40
degrés.
Alors qu'il était
16 heures, les poubelles n'étaient pas vidées,
les plans de travail n'étaient pas nettoyés,
les ustensiles dont les casseroles n'étaient pas
récurés, des aliments décongelaient
à l'air libre sans protection des mouches, des gâteaux
et pastèques ouvertes étaient stockés
à même le sol et le top du top un presse purée
qui devait trainer depuis un certain temps était
infesté d'asticots.
Voici la copie du courrier
de réclamations que Pierre et Stéphanie ont
adressé à l'un des voyagistes en ligne qui
programme cet établissement :
"La cuisine était
exécrable ... nous sommes tombés malades,
fièvre 40°, crampes abdominales, diarrhées
aiguës, vomissements, durant 6 jours sur 7 nous n'avons
pu sortir de notre chambre que quelques minutes par jour
… Il faut noter que de très nombreuses personnes
se sont retrouvées le samedi dans le hall de l'hôtel
pour protester au sujet de cette intoxication alimentaire,
le problème est donc généralisé
... les règles élémentaires de l'hygiène
n'étaient pas respectées : pas de réfrigérateur
mais seulement des congélateurs, nourriture à
même le sol, plusieurs fois recongelée, insectes
se promenant dans les pâtisseries ... "
En dépit que les faits
ne soient pas contestables, au lieu de rembourser et dédommager
Pierre et Stéphanie ce voyagiste a eu le culot de
leur proposer pour tout solde un geste commercial de 180
euros à la condition qu'ils s'engagent "à
ne divulguer à quiconque, à titre privé
ou public, tous les éléments quels qu'ils
soient, relatifs à la présente transaction
ainsi qu'aux faits qui s'y rapportent directement ou indirectement".
L'association sos voyages
a conseillé Pierre et Stéphanie de refuser
la proposition qui leur a été faite et si
satisfaction ne leur est pas donnée d'assigner ce
voyagiste.
Afin que ce type d'incident
ne se reproduise plus il est grand temps que les voyagistes
imposent à leurs prestataires réceptifs les
normes de classification et de sécurité alimentaire
européennes, qu'ils cessent de voir la profitabilité
immédiate au mépris des intérêts
bien compris des consommateurs et de la destination.
Rappelons aux "prétendus
amis" des Tunisiens et de la Tunisie que cette dernière
fait de gros efforts pour son tourisme. La loi n°93-120
du 27 décembre 1993, a mis en place des incitations
fiscales et financières qui permettent à la
destination d'être compétitive tout en ayant
la capacité d'offrir grâce à cette aide
des prestations de qualité de niveau internationale
:
Article 23 : "la souscription
au capital initial des entreprises donne lieu à la
déduction des revenus ou bénéfices
investis des revenus ou bénéfices nets soumis
à l'impôt sur le revenu des personnes physiques
ou à l'impôt sur les sociétés.
Ces entreprises bénéficient de la déduction
des revenus ou bénéfices provenant de ces
investissements de l'assiette sur le revenu des personnes
physiques ou de l'impôt sur les sociétés
pendant les dix premières années à
partir de la date effective d'entrée en production
; et la déduction de 50% de ces revenus ou bénéfices
durant les dix années suivantes ;
Articles 24, 25 et 26 : ces
entreprises bénéficient d'une prime d'investissement
représentant une partie du coût du projet,
y compris les frais d'études, déterminée
selon les activités et selon les zones. Le montant
de cette prime est fixé à 8% du coût
du projet, fonds de roulement exclus, article 3 du décret
n°94-539 du 10 mars 1994".
Il suffit de faire une recherche
sur Google pour constater qu'avec la complicité passive
des modérateurs des différents forums et sites
commerciaux l'adverposting que nous
dénonçons, fonctionne en plein pour tenter
de discréditer les clients de l'hôtel Garden
Park Midoun Djerba victimes d'intoxication alimentaire.
Pour y mettre un terme nous
avons décidé de rendre publics les documents
que nous ont confiés Pierre et Stéphanie et
reviendrions sur le sujet si besoin était.
A la décharge des
gestionnaires de l'hôtel Garden Park ce n'est hélas
pas le seul établissement dont les cuisines sont
inadaptées à la restauration et qui ne respectent
pas la norme HACCP.
Un article signé Sana
Farhat paru dans le journal tunisien le "Temps"
intitulé "la mauvaise
hygiène se consomme bien et elle rapporte gros" fait un bilan sur les pratiques de certains restaurateurs
plus soucieux de leur marge que de la sécurité
alimentaire de leurs clients.
" ... la toxi-infection
alimentaire collective est due à plusieurs facteurs
notamment l'exposition des aliments à la chaleur
d'où la multiplication des microbes, la non-conservation
des aliments dans les réfrigérateurs, la préparation
-très tôt- de la nourriture et des sauces et
l'utilisation des restes des aliments pour préparer
des plats. D'autres facteurs sont responsables de ces intoxications,
entre autres, la mauvaise décongélation des
produits, le stockage des plats et des produits frais dans
le même espace, ce qui favorise la transmission des
microbes … les restaurateurs ne prennent pas la peine
de réserver un coin isolé aux poubelles qui
se trouvent même à proximité des cuisiniers
... des rats trouvent leur compte dans ces espaces, ce qui
multiplie le risque de transmission de parasites et de microbes.
Il s'agit en fait d'un danger permanent. Inconscients, les
serveurs et les cuisiniers ne respectent pas les règles
d'hygiène régissant cette activité.
Ils se permettent de préparer les plats sans utiliser
les outils conçus spécialement pour ce genre
de prestation ... "
Les faits étant incontestables
les 200 personnes intoxiquées à l'hôtel
Garden Park Djerba doivent être remboursées
et indemnisées pour leurs vacances gâchées,
mais au delà de cet incident il appartient aux professionnels
du voyage de veiller que de tels faits ne se reproduisent
plus.
L'association sos voyages
continuera à sensibiliser ses adhérents et
lecteurs sur la sécurité alimentaire dans
le cadre des voyages à forfait.
alexis Sélinger
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