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Echaudés par
les pratiques des voyagistes prompts à dénier
aux clients consommateurs toute possibilité d'annulation
ou report sans frais, ces derniers face au risque d'infection
par la grippe H1N1 jouent la prudence et font la grève
des achats.
La chute libre du chiffre
d'affaires des agences distributrices est imputable aux
tours operator et non pas aux assureurs et assisteurs.
Ce sont les tours operator
qui négocient directement ou à travers des
cabinets de courtage le niveau de garantie qu'ils souhaitent
faire bénéficier leurs clients et en regard
le montant de commission que la vente de cette prestation
va leur générer.
C'est un marché hyper
juteux pour les voyagistes qui font du volume. Leur commission
peut atteindre 40% de la prime demandée au consommateur,
alors qu'ils ne rétrocèdent qu'environ 10%
aux agences distributrices qui font la vente.
A l'inverse de ce qu'ils
prétendent, les producteurs ont tout pouvoir pour
imposer à leurs prestataires le remboursement à
100% au cas d'annulation au motif d'infection grippale H1N1
ainsi que l'assistance dans les pays réceptifs, mais
cela a un coût qu'un certain nombre d'entre eux n'ont
pas voulu assumer préférant "gratter"
sur le dos des consommateurs le maximum de commission.
Les assureurs et assisteurs
qui ne sont pas des philanthropes se sont calés sur
leurs désirs et leur ont bricolé des assurances
minimalistes où de surcroit les conditions pour bénéficier
de la prise en charge des frais d'annulation sont tellement
bétonnés que peu de consommateurs peuvent
y prétendre, alors même qu'ils pensaient avoir
pris toutes les précautions.
Pour l'exemple, définir
comme cela figure au contrat annulation de certaines enseignes
que la maladie grave est "toute
altération de santé constatée par une
autorité médicale notoirement compétente",
laisse perplexe.
Tel que le texte est rédigé
il ne défini pas ce qu'est "une
autorité notoirement compétente" par contre il laisse entendre qu'il existerait dans notre
système de santé des autorités médicales
notoirement incompétentes, ce qui pose les interrogations
suivantes :
a- si l'incompétence
du prescripteur est notoire pourquoi le Conseil de l'Ordre
des Médecins ne prend-il pas les mesures qui s'imposent
pour mettre un terme à ce trouble à l'ordre
public ?
b- sur quel critère
une compagnie d'assurance, dont ce n'est ni la mission ni
la vocation, est-elle apte à juger de la compétence
ou non d'un médecin titulaire de diplôme reconnut
par l'Etat et conventionné par la Caisse d'Assurance
Maladie.
c- ce flou savamment entretenu
sur la compétence du prescripteur n'a-t-il pas pour
but de mettre les médecins salariés des assureurs
et assisteurs en posture de juge et partie face à
la demande du bénéficiaire de l'assurance
alors que le médecin libéral référant
ou hospitalier n'est soumis à aucune contingence
lors de sa prescription.
Si malgré les inquiétudes
de l'OMS rien n'a été prévu par les
voyagistes pour gérer le risque de contagion par
la grippe H1N1, c'est que pour nombre d'entre eux l'assurance
annulation/rapatriement était pensée comme
une source de profitabilité, un argument de vente,
un gadget marketing destiné à rassurer les
clients et non pas comme un véritable service rendu
au consommateur.
Il a fallu que remontent
du terrain les inquiétudes des agences distributrices
pour qu'enfin les TO soient contraints de réagir.
Certains tels que Fram, le
Club Med, Voyageurs du Monde jouent le jeu en s'engageant
au cas d'infection avant le départ à ce que
les consommateurs soient remboursés à 100%,
d'autres finassent, prétendent que leur assurance
annulation couvre le risque de la grippe H1N1, mais laisse
à la charge des souscripteurs une franchise de 20
à 30%.
L'association sos voyages
appelle ses adhérents, ses lecteurs ainsi que les
agences distributrices à tirer les conséquences
de telles attitudes.
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