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Les crashs du vol AF 447 d'Air France et celui de l'A310 de la Yemenia Airways qui font l'actualité ne doivent pas nous faire oublier celui du Boeing 737 de la Flash Airlines au large de la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh le samedi 3 janvier 2004.
Attendu à 09h00 à l'aéroport parisien de Roissy, l'avion après avoir décollé de l'aéroport de Charm el-Cheikh à 02h44 GMT a disparu des écrans radar avant de s'abîmer en mer.
Cette petite compagnie charter égyptienne était basée au Caire et desservait des villes européennes pour le compte de tours operators. Sa "flotte" était composée de deux Boeing 737-300 construits en 1993 dont celui qui assurait le vol 8604.
Pour éclaircir les causes de ce drame qui rappelons-le avait causé la mort de 148 personnes dont 134 Français, l'enquête fut confiée à une commission d'experts aéronautiques tripartite Français, Américains et Egyptiens.
Ces derniers par la voie de M. Chaker Qelada déchargeait dès fin 2005 le pilote, un ancien pilote de l'armée de l'air égyptienne de toute responsabilité dans l'accident.
Selon lui il s'agirait d'une "combinaison de facteurs" dont principalement celui du pilote automatique de l'appareil qui n'aurait pas fonctionné, laissant entendre ainsi que l'avion n'était plus pilotable.
Cette panne aurait été suivie par d'une "désorientation spatiale" (perte de repères visuels) du commandant de bord. Cette explication lénifiante fut contestée par le chef des enquêteurs français M. Paul-Louis Arslanian.
Dans un courrier du 2 janvier 2006 il attirait l'attention de M. Chaker Qelada, chef des enquêteurs égyptiens sur les responsabilités de la compagnie Flash Airlines :
• La mise en œuvre des ressources de l'équipage n'était pas adaptée à la situation d'urgence rencontrée ;
• Les deux pilotes n'avaient pas reçu de formation à la gestion des ressources de l'équipage (CRM), étant noté qu'une telle formation n'était pas obligatoire en Egypte à l'époque de l'accident ;
• Le commandant de bord n'avait pas suivi de formation structurée aux fonctions de commandant de bord d'un avion de transport civil ;
• Compte tenu de son activité des jours précédents le commandant de bord éprouvait vraisemblablement un déficit de sommeil ;
• Au moment de l'accident, l'exploitant n'avait pas encore mis en œuvre différentes mesures décidées à la suite d'un audit effectué en janvier 2003.
Le rapport d'expertise remit le 8 juillet 2009 au juge de Bobigny en charge du dossier infirme clairement les dires de M. Chaker Qelada, chef des enquêteurs égyptiens.
Les compétences du pilote son directement mises en cause "son expérience précédente et sa courte formation en ligne ne permettaient pas un lâcher immédiat dans la fonction de commandant de bord", quant au copilote, sa "formation sur 737-700 a été extrêmement sommaire et son entraînement en ligne très insuffisant pour compenser son inexpérience".
L'amplitude de travail imposé au navigant est aussi mise avant "un probabilité non négligeable de fatigue pour le commandant de bord" et une "quasi-absence de collaboration active" entre les deux hommes.
Le rapport évoque aussi des "manquements" de la compagnie Flash Airlines qui implique le Ministère de tutelle Egyptien : "ces manquements ne pouvaient pas échapper à un examen du dossier par l'autorité égyptienne avant la délivrance du certificat de transport aérien autorisant la compagnie à opérer".
Ainsi le crash n'était pas dû au hasard, la fatalité ou à une défaillance matérielle mais bel et bien à des manquements répétés aux règles de sécurité.
Les raisons de ces manquements il ne faut pas les rechercher dans une malice particulière des dirigeants de la Flash Airlines, mais l'obligation qu'ils avaient de rentabiliser l'appareil sur un marché où les tours operator affrètent systématiquement les moins-disants.
Ce nivellement vers le bas a pour conséquence que les compagnies charter rognent sur tous les postes et notamment sur ceux qui sont les moins visibles, la formation des navigants et leur amplitude de travail.
C'est pourquoi l'associationsosvoyages.com conseille aux voyageurs d'être extrêmement vigilants sur sur les compagnies packagées aux offres à forfait. Le site "securvol.fr" animé par François Nénin journaliste et écrivain spécialisé met en ligne un classement des compagnies régulières et charter qu'il est bon de consulter avant de souscrire une offre. |