Selon Christophe
Guillot-Noël frère d'une des victimes de la
catastrophe du vol AF 447 et fondateur de l'Association
pour la vérité et pour la défense des
droits des victimes du vol AF 447, il a été
proposé aux familles une avance de 17.600 euros à
valoir sur l'indemnisation d'un montant de 109.000 euros
prévue par la convention de Montréal en cas
de décès d'un proche dans un accident aérien.
109.000
euros c'est un peu moins que la rémunération
mensuelle perçue par Jean-Cyril Spinetta, ex PDG
d'Air France-KLM.
En 2008 celle-ci était
de 125.000 euros mensuels, soit une rémunération
annuelle de 1,540 million d'euros hors retraite complémentaire
ventilée en part fixe et part variable de 750.000
euros chacune auxquelles s'ajoutent 40.000 euros de jetons
de présence. (source journaldunet.com)
Comme il n'y a pas de raison
que la passation de pouvoir se traduise par une baisse de
salaire, il y a tout lieu de penser que Pierre-Henry Gourgeon
qui fut DG délégué d'Air France. avant
d'être intronisé DG d'Air France aura un revenu
sensiblement égal à son prédécesseur
à qui échoit la présidence du conseil
d'administration du groupe Air France-KLM.
La vocation de l'association
sos voyages n'étant pas de polémiquer sur
les salaires des PDG, qui plus est celui d'Air France se
place en 41ème position par rapport à ses
confrères et ne bénéficie pas de stocks-options,
le comparatif que nous faisons entre indemnisation et traitements
perçus a pour unique fonction de donner une échelle
de valeur.
Toutefois gagner de telles
sommes donne au minima au "récipiendaire"
des obligations à la hauteur des rémunérations
perçues même si dans le cas présent
elles sont humainement dures à assumer.
Selon l'interview accordée
au Parisien Libéré par Christophe Guillot-Noël,
ni Pierre-Henry Gourgeon ni son staff managerial ne furent
à la hauteur :
"Le
Parisien Libéré : Comment avez-vous appris
le décès de votre frère ?
Olivier était parti en
mission au Brésil pour le compte du Centre national
de la recherche scientifique (CNRS). Il était père
d'une petite fille de 5 ans.
Le 1er juin, dans la matinée,
j'ai appris par la télé qu'il y avait eu un
problème avec un vol Air France en provenance du
Brésil.
La compagnie nous a appelés,
vers 13 heures, pour nous signaler que l'avion d'Olivier
n'était pas arrivé, avant de nous faire comprendre
qu'il s'était sûrement passé quelque
chose de grave.
Le
Parisien Libéré : Pourquoi avoir créé
cette association ?
Nous avons été très déçus
par le manque d'humanité exprimé par Air France.
La compagnie s'est très peu occupée de nous.
On nous a laissé un numéro de téléphone
d'un psychologue à contacter. Nous lui avons laissé
un message. Il ne nous a jamais rappelés…
Nous avions besoin d'être conseillés pour savoir
comment dire à la petite fille de mon frère
qu'elle ne reverrait plus son papa, ou d'être en contact
avec des gens à qui parler et qui auraient pu nous
rassurer.
Nous n'avons pas ressenti
une quelconque empathie de la part d'Air France. Ce manque
de soutien a motivé notre volonté de créer
cette association baptisée : Association pour la
vérité et pour la défense des droits
des victimes du vol AF 447.
Le Parisien Libéré : Les autorités se
sont-elles montrées à la hauteur ?
Mardi dernier, nous avons été reçus
au Ministère des Transports. On nous a présenté
l'ensemble des moyens mis en œuvre pour les recherches.
On nous a détaillé tout ce qui avait été
fait. Tout cela est resté très technique et
froid.
Nous avions, avant tout, besoin de réponse sur le
côté humain des choses. Est-ce que nos proches
ont souffert, quand pourrons-nous organiser une cérémonie
? A toutes ces questions, il nous a été répondu
: "On ne peut pas se prononcer".
Comme s'ils avaient peur d'en dire trop, par crainte qu'on
puisse le leur reprocher ensuite. Cette réunion était
une opération de communication bien préparée
entre la compagnie et l'Etat, et rien d'autre. Nous étions
venus chercher un peu de réconfort. Nous n'en avons
pas eu.
En faisant la remarque "Comme
s'ils avaient peur d'en dire trop, par crainte qu'on puisse
le leur reprocher ensuite" Christophe Guillot-Noël
a parfaitement cerné le problème. Au cas où
l'enquête révèlerait que la responsabilité
d'Air France ou de l'avionneur Airbus était engagée,
le débat serait tout autre ainsi que le montant des
indemnisations.
109.000 euros c'est aussi
l'équivalent du prix d'achat d'un studio dans Paris
ou d'un petit 2 pièces en grande banlieue parisienne,
une somme nettement insuffisante, non pour guérir
les blessures qui resteront à jamais ouvertes, mais
pour assurer le simple entretient et l'éducation
de sa nièce de 5 ans qui vient brutalement d'être
privée de son papa âgé de 39 ans.
Si on multiplie ce chiffre
par 228, le nombre de victimes de cette catastrophe, on
atteint à l'arrondi supérieur la somme de
25 millions d'euros soit environ 37% des 67,4 millions d'euros
que les assurances selon Axa Corporate Solution verseront
à Air France pour la perte de son A330.
Le constat à faire
est qu'Air France est mieux assuré pour son aéronef
que le sont les voyageurs transportés.
Parallèlement à
l'enquête purement technique menée par le Bureau
d'enquêtes et d'analyses (BEA) une information
judiciaire a été ouverte pour homicides involontaires.
Le juge M. Sylvie Zimmerman a été chargée
d'instruire le dossier.
Le magistrat aura à
déterminer les causes de ce crash et les éventuelles
responsabilités pénales.
Le procureur de Paris, M.
Jean-Claude Marin, a fait parvenir un courrier aux familles
de victimes pour les informer de cette procédure
et les invite à joindre la section civile du Parquet
de Paris au :
01 44 32 67 00 et
01 44 32 57 04 |