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Jacqueline et Jean
sont un couple de "métros" qui demeurent
dans l'ouest de la France. Depuis 24 ans ils prennent leurs
vacances en Martinique. Leur système est rodé,
ils achètent un vol sec et réservent une location
d'un mois chez l'habitant.
Cette
année malgré la grève générale
qui paralysait l'ile, ils en ont fait de même et ce
sans tenir compte des rumeurs qui figurait sur certains
forums voyages où des intervenant prétendaient
que les "blancs" étaient agressés
par les manifestants et qu'il était plus prudent
d'annuler ou reporter les séjours. Voir archives
: article
Profitation a-t-on incité les clients à annuler
leur séjour Antilles ?
Lorsqu'Air France leur a
proposé un report de date ils l'ont refusé
estimant que la situation réelle en Martinique/Guadeloupe ne justifiait pas l'annulation de leur voyage.
Leur retour en France était
programmé le 31 mars 2009 sur le vol 653 à
destination Paris/Orly, arrivée 08h25. En fonction
de cette arrivée Jacqueline et Jean avaient réservé
une liaison intérieure Paris/Caen.
Air France, faute d'être
en capacité de remplir le vol 653, a pris la décision
de grouper les clients sur le vol 657 qui se posait à
Paris/Orly à 11h10, soit exactement une demie heure
après le décollage prévu du vol Paris/Caen.
Comme Jacqueline et Jean
n'ont pas le pouvoir de retarder le départ d'un avion,
comme ce fut le cas selon le site bakchich le 13 juillet
dernier pour le vol AF 7546 à destination de Montpellier,
lorsque le vol 635 s'est posé à Orly ils avaient
loupé leur correspondance vers Caen/Carpiquet.
Les liaisons sur l'ouest
de la France étant ce qu'elles sont, pour disposer
dans l'après-midi de la meilleure desserte ferroviaire,
ils ont opté pour pour la gare Montparnasse au lieu
de St Lazare, ce qui a eu pour conséquence leur arrêt
à Rennes alors qu'initialement ils étaient
attendus à Caen/Carpiquet.
Si l'on peut parfaitement
comprendre qu'Air France soucieux de rentabiliser ses vols
n'ait pas affrété un avion pour permettre
Jacqueline et Jean de ne pas rater la liaison Paris/Orly/Caen/Carpiquet, mais la moindre des courtoisies aurait
été de les dédommager de leur préjudice,
et bien il n'en a pas été ainsi.
Malgré que le "no
show" ne leur est pas imputable il a eu pour conséquence
une perte sèche de 122 euros auxquels s'ajoutent
le coût des billets SNCF de 84 euros, la navette 23
euros, soit un total de 239 euros sans compter les désagréments
engendrés par la décision unilatérale
d'Air France.
Mécontents Jacqueline
et Jean ont adressé au service clientèle d'Air
France un courrier de réclamation où ils ont
fait valoir leur préjudice.
Alors que les litiges en
matière d'aviation civile concernant les horaires,
retards, annulations de vols sont régis d'une part
par les conventions de Varsovie, Montréal et le décret
européen, d'autre part par les codes du tourisme
et de la consommation, Air France leur a opposé 2
clauses abusives qui figurent dans ses conditions de vente
:
"a) les vols et
les horaires de vol indiqués peuvent changer entre
la date de leur publication et celle de votre voyage ;
b) les horaires de vol
seront indiqués avant acceptation de la réservation
du passager et reproduits sur le billet. Les horaires de
vol ainsi programmés peuvent toutefois être
modifiés postérieurement à la délivrance
du billet. Dans un tel cas le passager sera avisé
si le transporteur dispose de coordonnées pour le
contacter. Cependant dans le cas d'un changement d'horaire,
qui ne conviendrait pas au passager et/ou si le transporteur
n'est pas en mesure de proposer un réservation mieux
adaptée, le passager pourra bénéficier
d'un remboursement comme indiqué à l'article
X/2.
Par ailleurs, lors de
l'achat de votre billet Paris Caen, vous avez choisi un
tarif soumis à des conditions particulières.
Ces conditions s'appliquent à une destination, une
date, un horaire et un vol fixes. Toute modification entraîne
la perte du bénéfice du tarif initial."
Ce qui en clair veut dire
qu'Air France au titre de transporteur et agent de voyages
se réserve tous les droits tandis que les clients
consommateurs n'ont à ses yeux que des devoirs.
Il est à noter que
Jacqueline et Jean sont titulaires depuis 15 ans de la carte
"flying blue". Leur fidélité à
l'enseigne n'a pas été récompensée
par la compagnie Air France, alors qu'elle aurait dû
spontanément les dédommager, elle fait contre
raison de la résistance.
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Lors de la grève
générale aux Antilles nous n'avons voulu mêler
la voie de l'association sos voyages à la cacophonie
ambiante voire à ses dérives racistes. Très
loyalement nous avons relayer les communiqués de
presse des offices du tourisme et des élus des conseils
régionaux, même lorsque nous étions
dubitatif sur leurs contenus.
Le litige auquel sont confrontés
Jacqueline et Jean avec un des principaux acteur de l'économie
Antillaise nous donne l'opportunité de nous exprimer
sur le sujet.
Certes statutairement Air
France n'est plus une compagnie nationale, mais elle a une
mission de service public sur cette destination. Pour se
faire elle reçoit directement des subsides et bénéficie
d'un régime préférentiel qui empêche
le jeu de la libre concurrence sur cette liaison.
Cette mission bien comprise
ne se résume pas à pratiquer un tarif préférentiel
pour une clientèle captive domiciliée ou originaire
des Antilles, mais doit également permettre aux métropolitains
l'accès à ces départements à
des coûts transports compétitifs.
Il ne s'agit pas simplement
de faciliter la mobilité des citoyens français
sur l'ensemble du territoire national, mais de désenclaver
ces départements et les intégrer physiquement
à la communauté nationale.
C'est la condition sine qua
non pour leur permettre le décollage de leurs économies
sinistrées par des pratiques féodales et des
lobby monopolistiques.
Le traitement social du chômage
endémique et "l'allocation
braguette" ont montré leurs limites de
même que les solutions d'aide ou de dégrèvement
fiscal destinés à inciter les particuliers
ou entreprises à investir en Martinique/Guadeloupe.
Après s'être "sucrés" sur le dos du contribuable ils se sont désengagés
au mépris des promesses faites laissant derrière
eux désillusions et friches touristiques.
La seule possibilité
de croissance économique des Antilles est le tourisme,
mais un tourisme qui sache jouer de ses atouts pour se différencier
de l'offre de la République Dominicaine, voire la
prendre à contre pied.
Le balnéaire n'est
qu'un des aspects des Antilles et toute une partie des touristes
qui s'y rend le font sur d'autres thématiques.
Mais même sur ce créneau
il est possible pour se démarquer d'opposer au gigantisme
des usines à bronzer de la République Dominicaine,
des établissements à dimension humaine soucieux
de l'environnement.
Dans une interview qu'il a accordée à Tour
Mag à la suite des mouvements de grèves aux
Antilles, Yves Brossard dirigeant de cinq établissements
touristiques sous la marque Priméa Hôtels qui
représentent un total de 600 lits tire la conclusion
suivante : "Il faut un vrai
projet touristique pour la Guadeloupe".
Cette analyse s'applique tout aussi bien à la Martinique,
or quelles que soient la bonne volonté et l'implication
des pouvoirs publics et des élus locaux, les chances
de réussite de celui-ci passent par l'accessibilité
aux territoires. La politique tarifaire d'Air France à
laquelle s'ajoute les taxes d'aéroport vont à
l'inverse de ce but.
A distance égale de
vol la liaison avec la République Dominicaine est
plus avantageuse. Quoi d'étonnant qu'à prix
d'hébergement sensiblement égal cette dernière
fasse le plein alors que les Antilles Françaises
ont des difficultés de remplissage.
Comme toutes les formules
d'aide ou de dégrèvement fiscal destiné
à inciter les investisseurs en Martinique / Guadeloupe
ont montré leurs limites.
Les vrais investisseurs,
ceux sur lesquels les Antillais peuvent compter, se sont
les Jacqueline et Jean qui durant le mois où ils
séjournent en Martinique, apportent un complément
de revenu à leur loueur et font travailler le petit
commerce local.
Le statut d'auto-entrepreneur,
créé par M. Hervé Novelli, Secrétaire
d'Etat chargé du Commerce, de l'Artisanat, des Petites
et Moyennes Entreprises, du Tourisme et des Services ainsi
que la politique d'extension des chèques vacances
pourraient favoriser aux Antilles le développement
de multiples petites entreprises touristiques de un à
cinq salariés.
Faute d'une tarification
incitative sur la destination, ce statut entreprenarial
novateur risque d'être insuffisant pour booster l'économie
des Antilles, impliquer la population et jouer pleinement
son rôle d'ascenseur social.
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