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A la suite d'une procédure de saisie conservatoire portant sur une créance de 17,2 millions d'euros la compagnie espagnole low coast Air Comet filiale du groupe Marsan s'est déclarée en cessation de paiement. C'est ainsi que 7.000 passagers ont passé le réveillon de Noël à camper dans l'aéroport de Madrid tandis que plusieurs milliers d'autres étaient bloqués dans les aéroports sud-américains.
Face au trouble à l'ordre public le gouvernement espagnol a le 26 décembre 2009 pris le relais de la compagnie défaillante et a affrété plusieurs avions pour transporter les sinistrés en partance, quant à ceux dont les vols sont postérieurs à cette date ils ont été invités à se reporter sur une autre compagnie aérienne en rachetant de nouveaux billets.
Voici de Buenos Aires le témoignage d'un couple de Français interrogée par TF1 News :
"Nous avions payé notre voyage aller-retour 2.000 euros. Là, rien que pour rentrer, le ticket nous coûterait 3.000 euros avec Iberia ... Evidemment, les assurances ne prennent pas en compte la faillite ..... "
Un low coast qui semblait digne de confiance
Créé en 1996, spécialisé dans les liaisons avec l'Amérique latine, Air Comet desservait Bogota, Buenos Aires, Guayaquil, La Havane, Lima et Quito. Jusqu'à sa cessation de paiement ce transporteur low coast semblait être digne de confiance.
Son dirigeant, M. Gerardo Díaz Ferrán est une personnalité marquante du monde des affaires, il préside le Medef espagnol et il est le copropriétaire du groupe Marsan, un tour operator qui avec un chiffre d'affaires de 2,8 milliards d'euros est le leader incontesté du tourisme ibérique.
La flotte de Air Comet était composée de 11 Airbus et opérait des vols en code share avec la compagnie aérienne Aerolineas Argentinas. En 2007 elle avait signé l'achat de soixante-neuf appareils : quatre A380, dix A350-900, treize A330-200 et quarante-deux monocouloirs de la famille A320.
Si depuis septembre 2009 Air Comet était en proie à des difficultés, elle arrivait tout juste à régler le kérosène de ses avions et les salaires des personnels n'étaient plus payés depuis 4 mois, sa prévisible banqueroute a été soigneusement dissimulée par son management.
Pour expliquer sa "discrétion" sur le sujet M. Gerardo Díaz Ferrán argue avoir agit ainsi dans le but de favoriser la vente du groupe à un possible acquéreur.
C'est à peu de chose près les termes dont a usés et abusés M. Jean-Pascal Siméon dirigeant de la société Switch/Partirpascher pour expliquer la brutale cessation de paiement de sa société alors qu'il était en négociation depuis au moins 6 mois avec la société Karavel/Promovacances.
Quoi qu'il en soit 15.000 billets ont été commercialisés alors que M. Gerardo Díaz Ferrán n'était pas dans l'ignorance que faute d'une recapitalisation sur fonds propres Air Comet ne pourrait pas servir les prestations souscrite par les clients.
La nécessité d'une garantie antifaillite
L'inexistence dans l'espace européen d'un fonds de garantie semble convenir aux compagnies aériennes mais se traduit à chaque défaillance de l'une d'elles par des milliers de passagers préjudiciés et laissés en déshérence.
Cette situation n'a que trop duré, les clients consommateurs n'ont pas à faire les frais de la mauvaise gestion, de la mégalomanie ou pire de l'incompétence de certains transporteurs aériens.
Les différents systèmes institués en Europe pour garantir les souscripteurs de voyages à forfait démontrent leur efficacité, ainsi rien ne s'oppose, si ce n'est la volonté de ne pas faire, à ce qu'ils soient étendus à l'achat et la commercialisation de vol sec.
C'est un dossier qui traine depuis des années, il y a aujourd'hui un consensus entre agent de voyages, tour operator, association de défense des consommateurs pour la création d'un tel fonds, les seules qui au prétexte les plus fallacieux s'y opposent "dogmatiquement" ce sont les compagnies aériennes.
Comble d'ironie elles ne se privent pas de prendre à leur avantage le maximum d'assurances dans leurs transactions avec les agences de voyages, mais se refusent en retour de garantir aux clients les prestations au cas de défaillance de l'une d'entre elles.
Il appartient à la Commission européenne de prendre en compte les intérêts des citoyens consommateurs et en équité de mettre un terme à une situation qui donne une mauvaise image de sa gouvernance.
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