Les barrages en feu à Pointe-à-Pitre,
les devantures de magasins éventrées, les
véhicules incendiés dans la ville balnéaire
de Gosier, les échauffourées entre groupes
de jeunes et police, les pompiers caillassés, l'usage
d'une arme de chasse contre des policiers venus leur porter
secours, les scènes d'émeutes dans la nuit
de lundi à mardi et comme point d'orgue la mort
par balle d'un automobiliste près d'un barrage
tenu par des jeunes de la cité Henri IV, une zone
sensible du quartier Chanzy à Pointe-à-Pitre
laissent craindre le pire.
Les déclarations de M. Yves Jégo
secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer
qui emploie le terme d'émeutiers pour qualifier
ces jeunes incontrôlés qui mettent à
profit les revendications sociales du LKP pour se livrer
à des actes de violence gratuite et du pillage,
celles de M. Michèle Alliot-Marie Ministre de l'Intérieur
qui annonce l'envoi de bataillons de gendarmerie sur l'île
pour faire respecter l'ordre républicain confirment
qu'il s'agit d'évènements graves qui le
moins que l'on puisse dire, ne sont pas propices à
un séjour touristique normal tel que les clients
consommateurs ont souscrit.
Quelles que soient les difficultés
que les professionnels du voyage peuvent eux-mêmes
rencontrer du fait de ces évènements imprévisibles,
ils ne peuvent s'exonérer de leurs obligations
vis à vis des clients consommateurs.
Les propositions faites par les professionnels lors de
la réunion qu'ils ont avec M. Hervé Novelli
secrétaire d’Etat chargé du Commerce,
de l’Artisanat et du Tourisme et M. Dominique Bussereau
secrétaire d'Etat chargé des Transports
ne vont pas dans le bon sens. Qu'il s'agisse de vol sec
ou de voyage à forfait, elle sont déséquilibrées
et par conséquent ne sont pas équitables.
Les reports proposés sont présentés
comme un geste commercial, or ils sont facturés
aux clients.
En équité les clients consommateurs doivent
être mis en mesure de choisir la solution la mieux
adaptée à leur disponibilité ou envie
et au cas où aucune offre substitutive ne leur
convient que les sommes déposées leur soient
remboursées.
Il est donc indécent qu'à la faveur de
cette crise certaines enseignes en profitent pour dicter
leurs conditions à une clientèle captive
et en désarroi comme cela est constatable à
la lecture des témoignages ci-dessous.
M. Richard Vainopoulos, président
du réseau volontaire de voyagistes "Tourcom"
qui regroupe 540 agences nous a adressé le mail
suivant le 17 février 2009 :
"L'aéroport
de Pointe à Pitre en Guadeloupe, même ouvert,
est incapable d'assurer ses services correctement. La
sécurité n'est plus garantie et la possibilité
de se retrouver coincer sur place ne peut être absolument
écartée.
Un billet d'avion est un
contrat de transport: il oblige les transporteurs à
assurer un minimum de services. La Convention de Varsovie,
plus la Directive Européenne de protection du consommateur,
ne permettent plus aux compagnies de déposer un
client à l'aéroport d'arrivée sans
être certaines qu'il sera pris en charge par les
services de l'aéroport.
A Pointe à Pitre,
ce n'est assurément plus le cas.
Depuis deux ans, les compagnies
font payer les billets, même ceux sans contraintes
et même si le départ est six mois plus tard,
pratiquement au moment de la réservation. Cela
fait de belles trésoreries !
Je considère inacceptable
leurs positions actuelles en proposant "gracieusement" la possibilité de reporter "sans frais" le voyage.
A partir du moment où
un service ne peut pas être assuré en toute
sécurité, elles doivent rembourser intégralement
le voyageur et cela, sans frais, quel que soit le type
de billet acheté.
Sinon, c'est manquer de
respect aux clients".
Il est vrai qu'à
la différence d'autres réseaux, Tourcom
dès le 12 février 2009, déconseille
la destination tant que la grève subsistera :
Dans un communiqué, le président
de Tourcom, Richard Vainopoulos conseille aux "530
agences de voyages" du réseau "d’indiquer
à leurs clients de reporter leurs vacances ou de
changer leur destination", car après "23
jours de grève", la mobilisation "s’intensifie
en Guadeloupe".
Pour le réseau "l’économie
du tourisme en Guadeloupe est en berne". Dans ces
conditions Tourcom "déconseille aux voyageurs
de choisir la Guadeloupe tant que cette grève subsistera".
D'autant que sur place, "les clients ne sont pas
toujours pris en charge correctement et leurs vacances
doivent être souvent écourtées ou
remboursées".