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L'argument selon lequel il y aurait plus d'accidents à l'école ou au domicile parental qu'en centres de vacances est un "élément de langage" qui permet aux organisateur associatifs et commerciaux qui le sur-utilisent de s'exonérer à bon compte d'un vrai débat sur la sécurité des mineurs qui leur sont confiés.
Si l'on suivait à la lettre leurs logiques au prétexte que les accidents domestiques et de la vie courante provoqueraient selon l'étude de Michèle Lalanne quatre fois plus de décès que les accidents de la circulation, les pouvoirs publics devraient donc se satisfaire des 4.000 victimes annuelles de la route et ne pas prendre les mesures préventives qui s'imposent.
De même, compte tenu que le transport aérien est statistiquement moins accidentogène que la route, au principe que le risque zéro n'existerait pas ou serait difficilement atteignable il serait inutile de renforcer la sécurité de l'aviation civile.
La sécurité un enjeu avant tout financier
En vérité les enjeux de la sécurité sont moins sécuritaires que bassement financiers. La sécurité a un coût et dans le cas des colonies de vacances un coût salarial, dés lors où l'on considère que l'amplitude de travail auquel sont contraints les animateurs de colonies de vacances -17 heures, 7jours/7- est accidentogène.
L'action de lobbying des associations de l'éducation populaire pour que soit rejetée la directive de la Cour de Justice de l'Union Européenne concernant le repos des animateurs révèle qu'elles n'ont pas envie de payer le prix de la sécurité des enfants dont elles ont la garde :
"Si ces mesures compensatoires étaient mises en œuvre, il en résulterait une augmentation de la masse salariale et les coûts devraient être répercutés sur les familles. Des séjours risquent d’être annulés dès 2011. La fréquentation des Accueils Collectifs de Mineurs (ACM) baissera et des structures fermeront les années suivantes. Les licenciements se multiplieront. L’impact sur les territoires sera important, sans compter les personnes en situation de handicap qui n’auront plus d’offres de séjours. La continuité éducative serait aussi mise à mal car il n’y aurait plus les mêmes référents pédagogiques 24h/24h".
La continuité éducative a bon dos, le tableau apocalyptique qu'elles dressent n'a qu'un seul but, celui de désinformer les élus politiques et syndicaux pour préserver leurs marges.
Il est consternant que certains de ces élus relaient complaisamment l'argumentation spécieuse des organisateurs de séjours et au prétexte de statistiques contestables se satisfont de l'état des lieux allant jusqu'à accuser les médias de faire du sensationnalisme et créer ainsi un climat anxiogène.
Faire de la sécurité un argument de vente
Malgré l'inflation d'activités et thématiques variées, sur les 13 millions de mineurs scolarisés dont 5 millions fréquentent régulièrement les centres aérés, seul un million d'entre eux séjourne en colonies de vacances.
Habituées à vivre aux crochets de ce qu'il reste encore de l'Etat providence, les associations d'éducation populaire expliquent leur insuccès commercial patent par un manque d'engagement des pouvoirs publics et des partenaires sociaux.
Même si effectivement depuis une dizaine d'années il y a une réorientation des dotations vers les centres aérés, cette justification ne correspond pas à la réalité du terrain.
Toutes les enquêtes d'opinion le démontrent, le principal frein à l'envoi des enfants en colonies de vacances c'est moins le coût du séjour -qui reste pour une large part aidé par les collectivité locales et les CE- mais la crainte des parents concernant la capacité des organisateurs à assurer en toute circonstance la sécurité des mineurs qui leur sont confiés.
Au lieu de s'opposer contre raison à la directive de la Cour de Justice de l'Union Européenne la simple logique marchande voudrait que les associations d'éducation populaire s'en servent comme argument supplémentaire de vente afin de conquérir un nouveau public.
Manifestement ce n'est ni dans leurs ambitions ni dans leurs capacités, leur unique objectif étant un statu quo qui préserve leurs marges bénéficiaires.
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