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Alors que les centres de loisirs sans hébergement ont une activité étalée sur l'année ce qui leur permet de fidéliser leurs équipes d'animation et de disposer ainsi d'un encadrement permanent, ce n'est pas le cas des organisateurs de séjours de vacances France et étranger.
La saisonnalité de leur programmation, les vacances scolaires et principalement celles d'été, les rend particulièrement tributaires des tensions sur le marché du travail de l'animation. Une situation qui a une incidence directe sur la qualité de leur recrutement et par contre coup sur celui de l'encadrement des mineurs confiés comme le laisse apparaître l'exemple ci-dessous.
Des parents à travers leur comité d'entreprise ont souscrit pour leur fille M... un séjour en Guadeloupe, celui-ci était organisé par une enseigne spécialisée dans les vacances pour enfants et adolescents de la région parisienne. Au retour plusieurs participants se sont plaints des conditions dans lesquelles ce séjour s'était déroulé.
Parmi les reproches figuraient un déficit d'animation le soir, l'insuffisance de nourriture et la multiplication de corvées ménagères. Au prétexte d'un jeu instauré par les animateurs "le diner presque parfait" l'obligation faite aux participants de préparer et servir à tour de rôle les repas alors que ces derniers se prélassaient autour d'une piscine se "défonçant" à l'alcool et à l'herbe, auxquels s'ajoute le fait que lors d'une excursion les ados ont été contraints de marcher sous un soleil de plomb sans qu'il leur soit donné à boire.
Au reçu de leurs réclamations l'organisateur a récusé toutes les accusations en bloc. Lorsque les parents concernés ont voulu que soit organisée une confrontation animateurs et ados cela leur a été refusé. Sous leurs pressantes insistances le secrétaire du CE a exigé de l'organisateur une explication écrite.
Ce dernier lui a fait parvenir un courrier du responsable du séjour dont nous publions le contenu et que nous commentons.
A la demande des parents de M... nous avons anonymiser leurs noms ainsi que celui de l'entreprise à laquelle ils collaborent, ce qui du même coup nous a conduit à en faire de même pour l'organisateur et ses préposés animateurs.
Lettre du directeur du séjour titulaire du BAFD
(pour mieux situer le personnage nous avons pris la décision de ne pas corriger ses fautes d'orthographe dans le texte, mais de le faire entre parenthèses, la multiplication de celles-ci et les fautes de syntaxe interrogent sur son cursus scolaire)
Cette année je suis parti comme responsable d'une séjour caraïbe et comme chaque année, je me suis appuyé, pour organiser mon séjour, sur un projet pédagogique, sur mes valeurs et sur une équipe choisie.
Concernant mon projet pédagogique, il reste inchangé depuis quelques années (même si cette année je ne l'ai pas envoyé) et se base sur différents points : l'autonomie, la responsabilisation.
En ce qui concerne mes valeurs, elles sont le reflet d'une philosophie de vie qui m'est chère aussi depuis de nombreuses années. Cette philosophie trouve sa source dans toutes activités collectives (c'est, entre autre, la raison pour laquelle j'aime partir en séjour) avec pour corollaire le partage, la découverte (de soi, de l'autre, d'un environnement) et l'échange.
commentaire de l'associationsosvoyages.com
Les parents n'ont pas souscrit le séjour sur les valeurs de cet animateur mais sur le projet éducatif de l'organisateur du séjour et le descriptif de l'offre qui figurait au catalogue. Si le directeur du séjour n'a pas fourni son projet pédagogique et que l'organisateur ne l'ait pas exigé avant de partir il y a faute. Valeur, philosophie de vie qui trouve sa source dans les activité collectives avec pour corollaire le partage, la découverte (de soi, de l'autre, d'un environnement) et l'échange. C'est l'exemple type du verbiage stéréotypé utilisé par un certain nombre d'animateurs qui se prétendent être des militants de l'éducation populaire.
Ensuite, je choisis délibérément mon équipe, non seulement parce que ce sont des personnes qui me connaissent, et donc qui peuvent à tout moment me recentrer et me recadrer si besoin est, mais aussi parce que j'estime qu'elles sont compétentes pour m'accompagner dans un certain fonctionnement et promouvoir un certain état d'esprit, avec pour appui un projet pédagogique cohérent et pertinent.
commentaire de l'associationsosvoyages.com
Dans l'animation le recrutement est pyramidale, l'organisateur choisi le directeur a qui sera confié le séjour, ce dernier s'entoure des animateurs avec qui il a des affinités c'est à dire qui sont à son image.
Au vue (vu) des trois points énoncés si (ci) dessus, les éléments de réponses concernant les lettres des parents sont les suivants :
1- "Les adolescents ont manquer (manqué) surtout du principal, la nourriture, l'eau et des soirées gaies" ; "pas d'animation les soirs, rien à faire"; "Ils les ont fait marcher sous un soleil de plomb sans de quoi boire. Elles faisaient sans arrêt le ménage et les repas etc."
Nous avons régulièrement acheté des grandes bouteilles d'eau. Avant chaque sortie, le leitmotiv était "est-ce que tout le monde a pris sa casquette, crème solaire, bouteille d'eau ?" ; "si vous n'avez pas de bouteille vide venez nous voir, nous en avons".
Je ne me voyez (voyais) pas vérifier tout le temps si les 32 jeunes prenaient de l'eau. Afin de palier à cette fastidieuse vérification, nous remplissions entre 8 et 12 litres d'eau que nous donnions le matin même.
Je ne me souviens pas avoir refusé de l'eau à un jeune par contre je me souviens d'une journée (à la Désirade) ou (où) nous n'avions pas prévu assez d'eau et nous avions marché 1 heure aller et 1 heure retour, sous le soleil.... nous avons manqué d'eau puisqu'il était compliqué de remplir les bouteilles vides. J'en ai acheté dès que j'ai pu (à l'arrivée au port). Je pense que cela a marqué les esprits.
commentaire de l'associationsosvoyages.com
Bouteille vide ? il y a une contradiction entre un prétendu achat régulier de grandes bouteilles d'eau et l'usage de bouteilles vides. Celui-ci laisse entendre qu'au départ il y a eu effectivement achat puis ensuite ces bouteilles étaient remplies à l'eau du robinet pour faire des économies. Il est à noter que 8 litres pour 32 enfants cela fait 0,25 cl pour chacun, 12 litres 0,375 cl.
La nourriture :
Lors de la concertation en milieu de séjour, il est ressortit (ressorti) clairement que les quantités étaient insuffisantes. Nous avons donc essayer (essayé) d'y prêter plus d'attention.
Si certains jeunes se sont plaint (plaints), il a dû manquer... cependant je me pose plusieurs questions : Comment se fait il qu'aucun d'eux ne soit venu nous dire qu'il avait faim ? (en vérité, cela est arrivé un soir et nous lui avons donné de quoi combler sa faim), comment se fait-il que certains soirs nous avons jeté des quantités parfois énormes de haricots verts par exemple ? ou de riz ?
Tout au long du séjour, nous avons veillé à équilibrer les repas (cf. planning repas), il se peut donc que les haricots verts ne plaisent mais aurions-nous dû faire des frites à tous les repas ?
commentaire de l'associationsosvoyages.com
Essayer de prêter attention à la quantité de nourriture mise à disposition des enfants laisse entendre que les achats étaient fait au minima. 3 explications sont possibles : a- incompétence totale des encadrants ; b- budget insuffisant fourni par l'organisateur ; c- détournement d'une partie de celui-ci pour un usage propre. Par ailleurs la référence au planning n'est pas recevable. Dans ce type de document n'apparait pas la quantité servie ni s'il s'agit de produits frais ou des conserves, et si ces dernières étaient des premiers prix ou des produits de qualité moyenne ou supérieure.
Les veillés (veillées) :
Si par "pas d'animation le soir" on entend boite de nuit et soirée au bar, alors oui, ils n'ont rien fait. Pour le reste, nous avons essayé de faire des veillées dès que cela était possible. (cf. planning activité) Je dis possible parce qu'en Martinique il a plu presque chaque soir.
Je ne me souviens pas exactement du nombre de veillées que nous avons faites. Je me rappelle seulement que lorsqu'elles n'étaient pas obligatoires ou lorsqu'il pleuvait et que nous les faisions à l'intérieur (dans 15 m2), il y avait peu de jeunes présents.
commentaire de l'associationsosvoyages.com
Cela confirme, il n'y avait pas de veillées.
2- "Animateurs ivres morts, saoul (saouls) tous les soirs et fumant des choses interdites" "Les moniteurs buvaient de l'alcool et fumaient mais pas des cigarettes".
L'alcool :
OUI, pendant le séjour nous avons consommé de l'alcool. Et j'en assume l'entière responsabilité. En effet, je considère (à tort peut être) que boire un verre de temps en temps ne me met pas hors la loi et n'empêche pas mon rôle de directeur ou d'animateur.
Toutefois afin de nuancer un peu mes propos, j'apporterais (apporterai) quelques petites précisions. Tout d'abord, à chaque fois que nous avons bu un verre (pour ne pas dire prendre l'apéritif) cela s'est toujours déroulé le soir, après vérification que chaque jeune était dans sa chambre. Ces soirs là, au moins une personne de l'équipe ne buvait pas et la consommation était raisonnable à savoir que nous n'avons jamais été "ivres morts", ni même autre chose.
commentaire de l'associationsosvoyages.com
Ivre mort, nous ne nous prononcerons pas mais fin saoul c'est très probable, lorsqu'il y a usage modéré de l'alcool nul besoin qu'un des encadrants soit contraint à l'abstinence.
Dans mes souvenirs, les jeunes nous ont vu consommer deux fois. La première fois c'est le patron du restaurant qui nous a offert à boire et la seconde, c'est la serveuse de la boite de nuit.
Il est donc tout à fait possible qu'un amalgame ait été fait entre le fait que nous soyons dynamiques (notamment en boite puisque c'était le dernier soir, mais aussi pendant le reste du séjour puisque cela fait partie de notre rôle d'animateur et de notre tempérament) et que nous ayons bu.
De plus, visiter la Guadeloupe et la Martinique sans goûter aux spécialités nous semblait inconcevable.
commentaire de l'associationsosvoyages.com
Dès le 2ème jour, selon la mère de cette adolescente avec laquelle nous avons eu un long entretien téléphonique, lors de la visite d'une distillerie à "Trois-Rivières" le directeur du séjour a acheté un carton de bouteilles de rhum. Il est bon de savoir qu'en Martinique le rhum planteur est vendu dans des bouteilles d'1 litre et titre 55 degrés, 6 litres divisés par les 7 jours restants du séjour cela représente une consommation de 857 cl / jour, divisés par les 3 animateurs soit 285 cl / jour ingurgités par chacun. Rappelons qu'une dose de rhum dans un cocktail fait environ 10 cl.
Le cannabis :
A AUCUN MOMENT, nous n'avons consommé de cannabis. Concernant ce point là, il est fortement possible que des amalgames ou pire "un délit de faciès" aient aussi été fait (faits).
En effet, T... ayant des dreadlocks, nous avons souvent joué durant le séjour avec cette image du "rasta", sur le ton de la plaisanterie évidemment. Et quelles sont les images qui gravitent autour de ce personnage... ?
Par ailleurs, si un jeune a rapporté ce fait à sa famille, je suis curieux se savoir où et quand nous avons consommé du cannabis.
commentaire de l'associationsosvoyages.com
Le cannabis a une odeur spécifique qui est du tout au tout différente de celle du tabac, les adolescents qui sont sensibilisés par leurs professeurs dans le cadre de la prévention aux addictions sont tout à fait en mesure de constater que les animateurs ne fumaient pas des cigarettes mais des "joints".
Comme à l'arrivée en Guadeloupe il y a eu passage en douane, cela laisse supposer que l'achat du cannabis ait été fait localement. Comme ce type de produit ne se vend pas au leaderprice du coin cela suppose la nécessité de recherche de dealers locaux.
Etant pris le jour par l'encadrement des adolescents, cela conduit à penser qu'une ou plusieurs nuits après que les enfants se soient endormis une partie des animateurs ait quitté le centre de vacances pour chercher à s'approvisionner.
...Voilà, voilà. J'ai essayé de rendre ce courrier le plus objectif possible bien qu'il ait été écrit sous fond de colère et d'incompréhension. Je reste sceptique quant à la tournure que prennent les mentalités concernant les colonies de vacances : Acteur ou consommateur ?
commentaire de l'associationsosvoyages.com
Acteur ou consommateur de séjour de vacances est l'argument bateau qu'utilisent certains animateurs comme cela est constatable en lisant certaines interventions sur l'excellent site dédié à l'animation "planetanim.com"
Voici le courrier d'accompagnement de la lettre du directeur du séjour que l'organisateur a adressé au secrétaire du CE à la suite de la réclamation des parents :
(là encore nous avons pris la décision de ne pas corriger les fautes d'orthographe )
"Veuillez trouver ci-joint la réponse du directeur (du séjour) suite au 1er courriers (courrier) reçu des parents du CE xxxx
La version donné (donnée) par le directeur est différente de celles rapportés (rapportées) par les jeunes, je ne porte pas de jugement définitif mais il est probable que la réalité se situe entre les deux.
Je vous confirme qu'aucun membre de cette équipe d'animation ne va encadrer des séjours ou vos jeunes vont s'inscrire.
Restant à votre disposition"
commentaire de l'associationsosvoyages.com
On ne peut être plus explicite sur le bien fondé des réclamations des parents tout en les niant afin d'éviter des dédommagements. Ce qui est inquiétant dans la réponse de l'organisateur, il s'engage auprès de son interlocuteur que cette équipe d'animation n'encadrera plus les enfants et adolescents confiés par le CE, mais cela n'implique pas qu'il cesse toute collaboration avec ces animateurs sur d'autres séjours qu'il organise. A notre connaissance l'organisateur n'a pas signalé les faits à la Direction des Jeunesses et Sports.
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