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L'animation est-elle encore un engagement sociétal ou le dernier refuge des exclus du marché du travail. Pour tenter de trouver une réponse à cette question, depuis 10 mois nous nous loggons régulièrement sur le forum de "planetanim.com" un site dédié à l'animation et aux animateurs bénévoles BAFA/BAFD.
Sans généraliser, une large partie de visiteurs du site ne post pas sur le forum, parmi ceux qui en sont les plus assidus force est de constater que nombre d'entre eux, faute de diplôme ou de réelle formation qualifiante, n'ont pas réussi leur intégration sociale.
Alors que la société est structurée sur la valeur travail, leur incapacité à trouver leurs marques soit dans le métier de l'animation professionnelle soit dans tout autre secteur d'activité économique interroge sur la sincérité de leurs engagements.
L'animation bénévole était-elle encore pour eux un acte militant ou qu'un pis-aller, l'unique source de revenu offerte aux exclus du marché du travail ?
Education populaire ou sous culture de la précarité
Quand il s'agit de jeunes BAFA fussent-ils en échec scolaire, mal formés ou inaptes à des études longues, on est enclin à espérer que l'expérience qu'ils tirent de l'animation sera un plus dans leurs recherches d'intégration dans la société.
Pour les plus âgés, les titulaires du BAFD, il est plutôt à craindre que par la force des choses certains s'installent dans une précarité qui leur offre pour tout avantage qu'un semblant de statut social, celui de directeur d'un centre de vacances sans doute à leurs yeux plus flatteur que serveur au Mac Do ou employé d'une grande surface, mais moins rémunérateur.
Indépendamment de la compassion qu'ils peuvent susciter, bien trop formés pour accepter un emploi subalterne et pas assez pour prétendre à des fonctions managériales en entreprises, un tel constat pose évidemment question dès lors où les mêmes ont la charge d'encadrer les mineurs qui leurs sont confiés.
Comment attendre que des individus mal formés, déclassés, vivant pour certains sous le seuil de la pauvreté puissent épanouir des enfants, prendre en charge leurs éventuelles difficultés psychologiques alors qu'eux-mêmes ont du mal à vivre, à s'assumer et avoir une vie familiale équilibrée.
N'est-il pas à craindre que ces animateurs marginalisés sous couvert d'encadrement bénévole développent et véhiculent une sous culture de la précarité qui influence négativement les enfants et adolescents et s'opposent radicalement aux critères éducatifs des parents en repoussant les bornes de ce qui avait été durement négocié et accepté.
Une éducation prétendument populaire qui montre ses limites éducatives
La baisse de fréquentation des colonies de vacances depuis 1995 devrait interpeller tout autant les nostalgiques des colos dans le temps que les laudateurs de l'éducation nouvelle envahie par les discours psycho pédagogiques.
Les parents qui inscrivent leurs enfants en colonies de vacances ne le font pas pour que des animateurs courroies de transmissions des fédérations des mouvements de jeunesse qui ont la haute main sur le secteur de l'animation leur fournissent une aide à la parentalité ou suppléent à l'éducation nationale.
L'objectif poursuivi par les parents en souscrivant à ce type de séjours c'est de permettre à leurs enfants de recharger leurs batteries, s'amuser, découvrir d'autres activités, se faire de nouveaux copains et copines et non pas être l'objet d'une expérience d'éducation populaire.
D'autant que cette dite éducation au vu de l'incapacité de certains de ses militants à s'intégrer dans la vie active démontre ses limites éducatives.
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