Dans
sa lutte d'influence avec le SNAV, syndicat national des
agents de voyages, pour conquérir l'écoute
du Ministère de tutelle, la Présidence sortante
de l'APS avait privilégié la recherche de
nouveaux adhérents.
Pour se faire, selon le site
tourisme-aps.com page "mission", elle leur accordait
"des cotisations appropriées et des contre garanties
non contraignantes" et ce au détriment de sa
mission bien comprise :
l'information des clients
consommateurs et la défense de leurs intérêts
au cas de défaillance d'un de ses membres.
Il
suffit de se logger sur le site tourisme-aps.com pour avoir
confirmation que lors de sa conception l'information des
clients consommateurs n'a pas été la préoccupation
majeure.
Sur
les 13 pages qui composent sa partie publique, 10 d'entre
elles sont ciblées "professionnels du voyage" et affichent clairement l'objectif de susciter des adhésions
alors qu'en regard une
seule page du site est dédiée aux clients
consommateurs.
10 pages d'un côté,
1 page de l'autre, cela confirme notre analyse, le site
institutionnel de l'APS a pour vocation de "vendre"
de l'adhésion et non pas pour informer le client
consommateur. Un constat pour le moins étonnant pour
un organisme qui précisément a la mission
de faire savoir aux clients consommateurs la procédure
à suivre pour faire jouer la garantie qu'elle accorde.
Ce désintérêt
pour les clients consommateurs se manifeste par la description
des actions dont se flattait la Présidence sortante
:
création d'un observatoire
de l'emploi et de la formation dans le tourisme ; campagne
de lobbying ; journée internationale de la femme
dans le tourisme ; forum des nouveaux et futurs entrepreneurs
; rendez-vous emploi des entreprises du voyage ; assistance
comptable et fiscal ; amicale des seniors du tourisme ;
observatoire des litiges et réclamations ;
Il s'agit d'activités
somme toute louables, mais selon l'association sos voyages
bien trop éloignées de la mission de l'APS
"... la garantie des fonds reçus au titre des
prestations énumérées à l'article
1er (livre II code du tourisme) et à la délivrance
de prestations de substitution ..."
N'aurait-il pas été
plus judicieux de consacrer ces sommes à des audits
plus poussés de ses membres au lieu de se satisfaire
"d'avis de commissaires aux comptes certifiant des
bilans alors que cela n'aurait pas dû être le
cas" comme le laisse entendre implicitement l'un des
candidats.
Cela aurait peut-être
évité l'affaire Switch, ses 10.000 clients
préjudiciés, ses fournisseurs plantés
qui jettent un discrédit tant sur l'APS que sur l'ensemble
des tours operating français et la masse de créances
subrogatoires que détient Karavel / Promovacances
qui tôt ou tard présentera l'addition et qu'il
faudra bien à ce moment là défalquer
des prétendus bons résultats de l'APS sur
l'exercice 2008.
Parallèlement aux
pages internet l'APS qui dispose d'une chargée de
communication édite des dossiers de presse. On ne
peut que se louer de cette excellente initiative mais là
où le bât blesse c'est qu'aucun des dossiers
qui figurent sur le site n'est destiné au grand public.
Tous sont ciblés professionnels
du voyage et leur objectif est toujours le même :
susciter de nouvelles adhésions.
Ainsi le contenu du dossier
2008 "Retrouvez tout ce que vous souhaitez savoir sur
l'APS" se clôture du reste par le paragraphe
"conditions d'adhésions".
Celui qui a pour titre "Le
nouvel adhérent APS 2008 est arrivé",
est encore plus explicite, il invite le lecteur à
"... retrouver l'étude réalisée
par nos soins sur le profil du nouvel adhérent, ses
domaines d'activités, ses motivations ainsi que d'autres
informations le concernant".
Les arguments dont se sert
la Présidence sortante sur son site pour légitimer
l'APS, là encore ne laissent aucun doute sur sa stratégie
de communication axée exclusivement en direction
des professionnels du voyages.
"L'Association Professionnelle
de Solidarité du Tourisme (APS) composée essentiellement
de Professionnels du Tourisme qui en sont les gestionnaires
bénévoles, est donc plus apte à comprendre
et traiter les problèmes et les souhaits des professionnels
du Tourisme".
Ce sont, selon l'association
sos voyages, des engagements corporatistes qui dénaturent
la mission de l'APS.
Pour mémoire le livre
II du Code du Tourisme qui codifie son action ne prévoit
pas qu'elle traite "les problèmes" et exauce
"les souhaits des professionnels du tourisme",
mais lui donne juste l'obligation au cas de défaillance
de l'un de ses adhérents qu'elle se substitue à
lui.
L'APS aurait très
bien pu lors de la création du site ou de ses mises
à jour intégrer les 10 pages dédiées
à la recherche de nouveaux adhérents dans
une zone spécifique et consacrer un espace conséquent
à l'information des clients consommateurs, si elle
ne l'a pas fait c'est qu'elle n'en a pas ressenti l'utilité,
ce qui est révélateur de son incapacité
de communiquer avec le public.
A force de traiter des problèmes
et exaucer des souhaits corporatiste qui sortent du cadre
de sa mission bien comprise l'APS sous la Présidence
sortante, s'est exonérée d'informer comme
il se doit les clients consommateurs et n'a pas eut la même
rigueur que le IATA dans l'évaluation de ses adhérents.
L'association sos voyages
fonde l'espoir que la nouvelle Présidence sitôt
élue rectifiera le tir et aura comme objectif non
plus la multiplication des cotisants mais le zéro
sinistre. |