Dans une interview parue dans l'Echo
du Tourisme l'APS estime à environ 8.000 clients
laissés sur le carreau par la cessation de paiement
de la société Switch. Selon le site Tourmag
ils seraient près de 10.000. Avec un panier moyen
de 800 à 950 euros, c'est environ 8 à 9
millions d'euros qui vont être nécessaires
pour traiter ce "sinistre".
Comme la trésorerie de cette association est alimentée
par les cotisations de ses 3.000 membres, le calcul est
facile à faire, chacun d'eux va devoir d'une manière
ou d'une autre sortir de sa poche un minimun de 2.660
euros.
Alors que rien dans ses statuts ne s'opposait à
ce que l'APS, en fonction des destinations, mette en compétition
Karavel / PromoVacances avec d'autres TO et choisisse
les moins disants, elle a confié en bloc à
cette dernière le soin de proposer des offres substitutives,
et ce remarquons le, avant même que le Tribunal
de commerce lui accorde en bonne et due forme la concession
de l'enseigne PartirpasCher.
Pour justifier cette décision prise apparemment
sans concertation, dans l'urgence et dans l'opacité
totale, elle a expliqué que faute de disposer d'un
back office elle était dans l'incapacité
de traiter les résas en instance.
Face à la légitime inquiétude de
ses mandants elle a voulu être rassurante et a fait
savoir que sa trésorerie était en mesure
de supporter ce sinistre. Qui plus est, elle disposait
d'une réassurance à hauteur de 5 millions
d'euros.
A supposer que le réassureur paie, il n'en reste
pas moins vrai qu'il subsistera un différentiel
de 3 à 4 millions que l'APS devra absorber sur
sa trésorerie et par conséquent les faire
supporter aux adhérents.
Compte tenu que 5 millions d'euros est une somme importante
et que la crise actuelle n'incite aucune entreprise à
distribuer des largesses, rien n'interdit de penser qu'avant
de signer un chèque d'un tel montant ce réassureur
ne va pas examiner le dossier et vérifier si dans
cette triste affaire l'APS n'a pas pour le moins manqué
de prudence.
Aux vues des pertes de la société Switch
sur l'exercice 2007, des rumeurs de recherche d'un repreneur,
pour mémoire selon Tourmag une dizaine de TO membres
de cette association ont été contactés
par M. Jean-Pascal Siméon, pourquoi l'APS ne s'est
pas souciée de savoir si son adhérent était
ou non dans la capacité de faire face à
ses engagements hôteliers et si tel n'était
pas le cas pourquoi n'a-t-elle pas pris des mesures conservatoires
complémentaires à la hauteur du risque prévisible
de cessation de paiement.
Quoi qu'il en soit l'heureux bénéficiaire
de se pactole est la société Karavel / PromoVacances
dirigé reconnaissons-le avec brio par M. Alain
de Mondoça.
Non seulement il a su stratégiquement "trainer"
sur 6 mois les négociations de telle sorte qu'il
soit au final le seul repreneur mais qui plus est alors
que l'ensemble des PME se plaignent de la frilosité
de leur banque et éprouvent des difficultés
à obtenir leur appuis, lui a su trouver les concours
nécessaires.
Il est vrai qu'après des études à
Harvard, un MBA en poche il ne joue pas dans la même
division que celle des autodidactes formés sur
le tas ou des titulaires d'un simple BTS tourisme.
Dès lors où les créanciers sont
éconduits, que plus de la moitié du personnel
est licencié, que les dettes sociales et du Trésor
ne sont pas à la charge du repreneur, l'affaire
est juteuse.
M. Alain de Mondoça se débarrasse d'un
concurrent qui lui faisait de l'ombre sur le même
créneau de clientèle. Il récupère
une flotte de catamarans qui lui permet de mieux gérer
ses offres sur la saison hiver et si d'une main il met,
selon l'expression du Quotidien du Tourisme 10 millions
d'euros sur la table, de l'autre il en perçoit
par l'APS 8 ou 9 millions auxquels s'ajoute le portefeuille
résa hiver / printemps existant.
Certes c'est la dure loi du marché mais à
moins d'un rebondissement imprévisible rien n'est
reprochable à Karavel / PromoVacances.
Dans cette opération elle a joué parfaitement
sa partition même si des zones d'ombre subsistent
quant au rôle exact de M. Jean-Pascal Siméon,
de son staff managerial ainsi que sur les raisons réelles
de cette cessation de paiement.
Au titre de professionnel de la communication, concepteur
/ rédacteur publicitaire, j'avoue apprécier
à sa juste valeur les déclarations de M.
Alain de Mondoça concernant la qualité des
collaborateurs de la société Switch et l'implication
de la cellule Karavel / PromoVacances mise en place pour
gérer les clients laissés sur le carreau
par M. Jean-Pascal Siméon.
Cela nous change du vieil humour autocariste "la
bielle de Cadix a des essieux de velours" ou
des déclarations péremptoires des beaufs
affairistes avec chaines et gourmettes qui sévissent
encore dans la profession.