En
donnant mission à Karavel de rapatrier les clients
Switch et servir ceux sur le départ, l'APS a pris
le pari que son mandataire avait les capacités matérielles
de le faire sur l'ensemble des destinations souscrites,
or il apparaît que cela n'est pas le cas. On peut
à juste titre se demander s'il n'aurait pas été
plus judicieux et surtout plus profitable pour les clients-consommateurs
que l'APS avec l'aide du CETO, cercle d'études des
tour-opérateurs français, fractionnent les
dossiers de départ et sur certaines destinations
confient le soin à d'autres TO plus spécialisés
de faire des offres substitutives.
On ne peut tenir rigueur
à Karavel de ses limites, la plus jolie fille du
monde ne peut donner que ce qu'elle a, dans le cas présent
une programmation qui ne couvre pas point à point
celle de Switch.
Ce n'est pas faire preuve
de mauvais esprit que de dire : lorsqu'un client souscrit
un combiné Vietnam c'est qu'il est attiré
par l'Asie, lui offrir en substitution une croisière
en voilier aux Caraïbes, qui plus est d'une durée
inférieure, c'est quelque part se moquer de lui.
Imaginons un instant qu'un
restaurateur au lieu de servir la côte de bœuf
commandée l'a substitue à des moules marinières.
Même si au demeurant on a rien contre les moules marinières,
même si dans l'absolu on aime bien ça, ce jour
là on a commandé une côte de bœuf
et il appartient au restaurateur qui l'a inscrite au menu
de la servir.
En mandatant Karavel, l'APS
ne pouvait ignorer qu'elle rendait cette dernière
incontournable par le Tribunal de Commerce de Créteil
et qu'elle lui faisait ainsi la courte échelle dans
sa candidature de reprise de la société Switch
: est-ce le rôle bien compris de l'APS ?
N'aurait-il pas été
plus judicieux de séparer les problèmes, l'un
la prise en charge des clients-consommateurs à rapatrier
ou à servir, et l'autre l'offre de reprise de la
société Switch.
Selon les attendus du Tribunal
de Commerce il apparaît que Karavel en a fait la condition
sine quoi non de son offre de reprise. Si elle fut dans
son rôle de lier les 2 dossiers, rien n'obligeait
l'APS d'accepter le "deal" avec un tel empressement.
Entendons-nous bien, nous
n'accusons pas l'APS de complaisance mais d'avoir été
trop timorée dans cette affaire et d'avoir manqué
de transparence.
Face à la gravité
du sinistre elle a agréé dans l'urgence l'offre
de Karavel / PromoVacances et fut ravie d'informer les pouvoirs
de tutelle avec lesquels elle menait une négociation
difficile sur le statut de la profession qu'elle avait résolu
à l'interne le traitement du sinistre : Karavel se
chargeait gracieusement de la patate chaude.
En équité il
faut distinguer dans cette affaire 2 périodes. Jusqu'au
30 octobre l'APS et Karavel sont co-responsables du traitement
du sinistre, après cette date c'est à cette
dernière qu'il appartient comme elle l'a sollicité
à la barre du Tribunal de solutionner les départs
en instance.
Le moins que l'on puisse
dire c'est qu'elle est dépassée par l'ampleur
du problème. Voici le récit des réponses
faites le 16 novembre 2008 à 19h10 pour un départ
programmé le 17 novembre 2008.
"... j'ai eu l'occasion
de parler à une personne se présentant sous
le nom de "Nacia". L'ayant interrogée au
sujet de ce voyage dont vous n'avez encore aucune nouvelle,
je lui ai fait remarquer que, pour un départ prévu
demain, à une heure qui n'est pas connue, il conviendrait
que vous vous mettiez immédiatement en route depuis
votre domicile, afin de ne pas risquer de rater l'avion".
Sa réponse fut, je
cite : "Les clients qui doivent
partir demain seront contactés par le Service convocation,
ce soir ou demain à la première heure".
Par mesure de précaution,
je lui ai demandé de me donner le n° de téléphone
de ce "service convocation", ce qu'elle n'a pas
pu faire, car, me dit-elle, et je la cite à nouveau
"Je n'ai pas le n° de
téléphone de ce service". Elle
ajouta encore "Le Service Convocation
restera en place ce soir plus tard que l'heure de fermeture
de ce Dimanche à 20 Heures".
Toujours par précaution,
je lui ai demandé de répéter ce qu'elle
m'avait dit, à savoir : "Les
clients qui doivent partir demain seront contactés
par le Service convocation, ce soir ou demain à la
première heure". Ce qu'elle n'a pas voulu
faire. Je lui ai alors demandé de me passer son superviseur,
ce qu'elle a refusé de faire..."
Voici un extrait d'un courrier
avec A/R adressé à Karavel :
"J'ai versé,
lors de la réservation en date du 5 septembre 2008,
la somme de 948,00 euros par carte bancaire qui m'a été
débitée le 9 septembre. Le solde a été
payé par chèque au nom de Karavel le 17 octobre
2008 et m'a été débité le 24
octobre avec facture xxxxxxxx acquittée d'un montant
de 3.160,00 euros".
Il apparaît donc à
la lecture de ce courrier qu'avant même que le Tribunal
agrée le 30 octobre 2008 sa proposition de poursuite
de l'activité de la société Switch,
Karavel a encaissé 2.212,00 euros sur son propre
compte sans avoir eu la délicatesse d'informer le
client que se faisant elle s'engageait d'honorer point à
point le voyages souscrit.
"A
ce jour, date contractuelle de départ, nous n'avons,
mon épouse et moi-même, aucun document ni information
relevant de ce voyage !!!! De plus nous perdons 2 billets
d'avions NON remboursables, de votre fait, A/R entre Biarritz
et Paris aux dates programmées. Je souhaiterais que
vous me fassiez part de votre position, par retour de courrier,
sur le remboursement de votre prestation encaissée
par vos services et non fournie au client".
Et quoi d'étonnant
que ce dernier conclut par cette mise en demeure :
"En
cas de non réponse au 24 novembre courant, je me
verrais dans l'obligation de déposer plainte pour
abus de confiance".
L'APS a beau s'auto féliciter
dans la presse professionnelle, il est à craindre
que sa légitimité en pâtisse et que
cela se répercute sur ses adhérents qui avaient
fait de leur appartenance à l'APS un argument de
vente.
S'il apparait que les remboursements
nécessitent 12 ou 18 mois, comme en court le bruit,
quel est le bénéfice client que procure l'APS
par rapport aux assurances professionnelles qu'accordent
les banques. Pourquoi ces dernières devraient-elles
limiter leurs couvertures à 80% quand elles pourraient
être au taux de 100% comme l'APS, ce qui générerait
une saine concurrence tant au bénéfice des
souscripteurs que des clients.
Si le traitement par l'APS
du sinistre nécessite sur le fond prudence, il est
plus facile de critiquer que de faire, et rien ne prouve
qu'une autre équipe managariale aurait fait mieux,
par contre il en est tout autrement de la communication
ou plutôt du déficit de communication.
Il suffisait de demander
au service comptable de Switch une copie de la base de données
concernant les clients qui ont souscrit des voyages et qui
n'ont pas été servis, pour pouvoir leur adresser
d'une manière régulière une news letter
qui les tienne informés des rapatriements, des départs
assurés et des remboursements.
Nous avons fait une rapide
recherche sur le sujet, il s'avère que pour moins
de 100 euros des prestataires spécialisés
s'offrent de se charger de ce type d'envois et pour 50 euros
de plus ils se proposent d'héberger un blog dédié.
A supposer qu'il y ait un
envoi par semaine, à ce jour l'APS aurait dépensé
5 à 600 euros qui sont à comparer aux 200.000
euros consacrés à la publicité en 2006
comme cela apparaît dans l'interview que son Président
a accordée au Quotidien du Tourisme à la même
époque.
Dès lors où
l'APS a sous-traité le rapatriement et le départ
des souscripteurs des voyages encaissés par Switch,
pourquoi ne pas en faire de même en ce qui concerne
le remboursement de ceux à qui Karavel n'a pu faire
une offre substitutive ou qui l'on refusée pour les
raisons les plus diverses comme cela est leur droit.
Il existe sur le marché
des entreprises spécialisées dans la gestion
des litiges de toutes sortes qui ont la capacité
et la réactivité pour traiter ce type de dossier
en raccourcissant les délais au bénéfice
des clients-consommateurs.
C'est pourquoi, exaspéré
par la carence en matière d'information de l'APS
et Karavel / PromoVacances, nombre d'entre eux ont pris
la décision de se constituer en association pour
que d'une part soient pris en considération leurs
intérêts, d'autre part que ne se renouvelle
pas dans l'avenir un tel trouble à l'ordre public. |