Dans
une interview accordée au Quotidien du Tourisme M.
Sieradzki, gérant de Dima Tours explique que sa cessation
de paiement découle de prétendus investissements
importants qu'il a faits sur son site Internet et pour la
sortie de ses brochures, additionnée à une
chute de l'ordre de 40% de son CA ces 4 derniers mois.
Il conclut "avec le
manque actuel de visibilité il y a un moment où
de telles dispositions s'imposent pour pouvoir préserver
les clients au maximum".
Nous ne savons pas ce que
M. Sieradzki, a réellement investi dans la création
de son site internet mais il n'est pas étonnant qu'avec
une charte graphique si peut attractive il ait enregistré
une chute de l'ordre de 40% de son CA ces 4 derniers mois.
D'évidence ni lui,
ni ses web designers n'ont la notion de ce qu'est un site
de voyages, qu'il soit vitrine ou de vente en ligne et encore
moins ce qu'est le référencement.
Pour recadrer le débat
sur le coût d'un site internet, celui de l'associationssosvoyages.com
a été réalisé à l'interne
pour une soixantaine d'euros, achat du nom de domaine et
hébergement inclus et bien sur de l'huile de coude
des membres fondateurs.
Précision complémentaire,
alors que le site Dima Tours créé en octobre
2002 a selon le site Alexa un trafic rank qui a reculé
de la 17.999.860 ème place mondiale à la 27.312.951
ème, en regard malgré ses imperfections, il
est pas encore finalisé, le site de l'association
mis en ligne fin novembre 2008 est noté cette semaine
à la 5.952.649 ème place.
Le "manque actuel de
visibilité" a lui aussi bon dos. Dans la mesure
où Dima Tours vend aux agences, elles sont ses clientes
et doivent à ce titre elles aussi "être
préservées au maximum" or selon M. Lemarinier
de Détours Voyages ce n'est pas le cas.
Non seulement ce dernier
a versé 7.700 euros que Dima Tours lui a demandé
pour pouvoir régler immédiatement les prestataires
locaux. Mais ces derniers ne l'ont pas été,
M. Lemarinier a dû remettre la main à la poche
pour qu'ils soient enfin payés et comme il le dit
"que nos clients ne soient pas fichus dehors".
L'association sos voyages
apprécie le possesif qu'utilise M. Lemarinier pour
parler de ses clients. D'évidence pour lui ce ne
sont pas des pax, des litiges, des sinitres à traiter
ou une unité sur une courbe de croissance mais des
consommateurs qui l'ont honoré de leur confiance.
Bravo M. Lemarinier, même s'il va falloir que vous
ramiez pour ingurgiter une telle perte.
M. Sieradzki, quant à
lui semble trouver normal que l'APS prenne en charge les
clients directs, mais que les distributeurs, dont Détours
Voyages qui ont eu la naïveté de croire en sa
solidité financière du fait de son appartenance
à cet organisme, ne soient pas garantis et se retrouvent
contraints de se substituer à sa défaillance.
Nous comprenons leur désappointement,
compatissons à leurs problèmes et comme eux
nous nous interrogeons sur l'APS.
Certes sa mission est de
garantir contre les défaillances de ses adhérents,
mais pour pouvoir garantir sans démultiplier les
prises de risque, il faut au préalable évaluer,
c'est ce que font les banques et les assureurs et dans la
profession le IATA. Si cela est possible pour eux pourquoi
cela ne serait il pas possible pour l'APS ?
Ainsi Dima Tours est un nouvel
exemple de cette incapacité d'évaluation de
l'APS que l'association sos voyages a pressenti avec l'affaire
Switch et qu'elle dénonce régulièrement
dans ses différents articles et communiqués
de presse.
Ce manque de rigueur est
préjudiciable tant pour les clients consommateurs
que pour les agents de voyages clients d'un TO membre de
l'APS, comme c'est le cas pour M. Lemarinier de Détours
Voyages.
Il l'est aussi pour les petits
producteurs membres de l'APS qui avec cette cessation de
paiement vont avoir d'autant plus de mal à se faire
référencer chez les distributeurs. C'est regrettable
ces petits producteurs ont des programmations de niche qui
permettent d'attirer une clientèle autre que le balnéaire
dans les agences.
Si nous nous sommes invités
au débat de l'élection à la présidence
de cet organisme de garantie collective, voir nos différents
postes et site, c'est pour inciter les candidats à
un débat public sur ses fondamentaux.
A notre sens l'enjeu n'est
pas seulement de "démocratiser" l'APS ou
de "sortir les sortants" mais de redéfinir
sa mission, remettre le client consommateur au cœur
du projet et faire de l'APS plus qu'un garant, un label. |